ENVIRONNEMENT ET ECONOMIE DE MARCHE
Les sondages d'opinions
le prouvent, les français sont préoccupés par leur environnement; ils sont
lassés de voir des pollueurs détruire leur planète. Ont-ils raison? Oui. Devraient-ils
voter pour les différents partis écologistes ? Non ! En effet, la propreté
ne se décrète pas. Comment sauvegarder la Nature alors ? Simplement en laissant
ici comme ailleurs le Marché jouer son rôle, celui d'un régulateur, de l'unique
régulateur des activités humaines. Et ce afin d'atteindre un double but :
le maintien de notre cadre de vie, dans une société productive libre, où les
richesses naturelles sont maximisées. Plus précisément tout devra s'articuler
autour de trois valeurs que nous considérons comme fondamentales :
La Liberté, la Responsabilité et la Propriété.
LIBERTE
Laissez faire les pollueurs
: Oui les pollueurs ont le droit de polluer ! Cette idée peut paraître
choquante. Néanmoins,, certaines activités économiques sont nécessairement
polluantes malgré les efforts entrepris et on ne voit pas au nom de
quel droit on devrait les interdire. Une entreprise a tout à fait le
droit de construire des centrales nucléaires. Elle a également le droit
de vider ses déchets dans les rivières et d'y orchestrer un véritable génocide
de l'ensemble des poissons et des algues. Elle a de même le droit d'empester
l'atmosphère avec du monoxyde de carbone ... A condition que les pollueurs
soient responsables.
Si les pollueurs ont
le droit de polluer, les victimes mécontentes doivent être indemnisées non
pas forfaitairement mais véritablement. La compensation doit être exactement
équivalente au dommage subi, dommage évalué subjectivement par elles. Si une
"victime" peut estimer que rien ne peut compenser le dommage, alors il ne
fallait pas la polluer, car en ce faisant ses droits ont été violés.
On voit bien dès
lors le problème de logique : une usine s'installe et pollue, un propriétaire
mécontent l'attaque et estime que rien ne pourra compenser ce que le pollueur
a fait subir à son domaine; le pollueur ne peut pas réparer le dommage. Il
n'y a donc pas de solution... C'est pour cela qu'il faut des accords a priori.
ON NE DOIT COMMENCER A POLLUER UNE VICTIME QU'AVEC L'ACCORD DE CETTE DERNIERE.
RESPONSABILITE
Tel entrepreneur envisagera
plusieurs régions où s'installer et proposera d'acheter aux habitants le droit
de les polluer, exactement comme on achète un droit de reproduction d'une
oeuvre ou n'importe quel autre droit. Ensuite il estimera le coût total de
sa pollution pour chacun des sites pressentis, et évidemment il choisira le
moins cher, à moins qu'il ne décide d'investir dans des systèmes de "dépollution"
: filtres, ... S'il rencontre un propriétaire "écolo" qui lui rétorque : "je
ne veux pas être pollué pour tout l'or du monde" alors il devra renoncer à
ce site, même si par ailleurs tous les autres propriétaires de la région proposaient
de renoncer leur droit à la "propreté" pour une somme modique.
Il est évident qu'un
tel système ne peut que créer l'harmonie, et en même temps le progrès économique.
En effet, dans une région touristique il y aura toujours un propriétaire pour
refuser de vendre son "droit à la propreté". Un restaurateur par exemple,
qui pressentira bien que le profit immédiat qu'il tirerait de sa renonciation
à la propreté ne compensera jamais la perte d'une clientèle dégoûtée par un
environnement malsain. Au contraire imaginons une région pauvre et dépourvue
d'usines, les habitants se presseront pour renoncer à leur droit à la propreté,
sachant bien qu'une usine les aidera à se développer. Ce mécanisme d'ailleurs
à l'échelle mondiale permettrait de résoudre le problème du tiers-monde qui
pourrait intelligemment se spécialiser dans les industries polluantes (c'est
d'ailleurs en bonne voie).

D'aucun verront la faille
du système: il suffit qu'un original achète une parcelle de terrain, qu'il
soit intraitable, pour paralyser le développement économique de sa région.
Sans même penser à un original on peut juste imaginer quelqu'un qui veux vendre
son droit plus cher qu'il ne vaut, quelqu'un qui sait que la majorité des
régions voisines sont "écolos" et pas la sienne. L'entrepreneur accroîtra
son offre d'achat jusqu'à ce qu'il estime que le surcoût retirerait toute
compétitivité à la région. Si le "spéculateur-écolo" ne vend toujours pas,
les autres habitants de la région, pas "écolos" et ravis de vendre leur droit,
exerceront des pressions contre lui, l'ostraciseront, et ce jusqu'à ce qu'il
cède. Mais imaginons qu'il ne s'entête, qu'il supporte l'ostracisme, et qu'il
continue à tout paralyser... Et bien il faudra le laisser faire, car rien
n'est plus fort que la volonté individuelle, s'il a accepté tous les dangers
découlant de son comportement: c'est que pour lui rien n'est plus important
que de ne pas se faire polluer, l'usine devra s'installer ailleurs.
Vers une privatisation
du "Domaine Public"
Ce raisonnement suppose
une multiplicité d'acteurs, car c'est la seule façon de créer un véritable
système auto-régulé et donc harmonieux. De plus, l'Etat ne doit pas être
un acteur comme c'est la cas aujourd'hui car il fausse les conditions de marché.
En effet, l'Etat est souvent pollueur lui même et ne va pas faire jouer le
Marché contre lui. Il suffit de voir les centrales nucléaires pléthoriques
en France, les barrages délirants en Chine ou les désastres écologiques
en ex-URSS. Dans les hypothèses où l'Etat et le pollueur sont distincts, ce
dernier n'a qu'à "acheter" quelques fonctionnaires ce qui lui reviendra moins
cher que d'acquérir légitimement le droit de polluer ses futurs voisins. Il
faut donc privatiser le Domaine Public : les rivières, les forêts, les océans,
l'atmosphère, ... Ainsi les pollueurs paieront leur pollution. Ils auront
face à eux une meute de propriétaires avides de faire respecter leurs droits
et devront alors soit les dédommager, soit s'en aller, soit investir dans
des équipements de dépollution.
Mais surtout il faudra
supprimer le droit d'expropriation dont bénéficie l'Etat. Il se trouvera toujours
des fermiers hargneux ou des soixante-huitards attardés pour s'opposer au
passage d'une autoroute ou d'une ligne de TGV si elle ne se justifie pas vraiment
(Sachant que si l'ouvrage est vraiment utile le phénomène de l'ostracisme
jouera). En effet pour construire de telles oeuvres il faudra l'accord de
TOUS les "expropriés", c'est à dire de tous les vendeurs. On ne construira
plus alors que des infrastructures économiquement UTILES. Par exemple, raisonnons
sur la construction des autoroutes. Elle devra évidemment revenir à des entreprises
privées qui les rentabiliseront grâce à des droits de passage. Plus elles
auront payé les expropriés et plus elles devront répercuter le coût à leurs
clients; si les péages dépassent un certain seuil, les clients choisiront
un itinéraire concurrent, ou un moyen de transport de rechange, et l'entreprise
d'autoroute fera faillite. C'en sera fini des constructions pharaoniques qui
détruisent nos régions pour faire plaisir à quelques énarques en mal de grands
travaux.
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Octobre 1998, LIBRE ECHANGE