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Le lièvre américain et la tortue européenne
La réussite du système économique américain ne se dément pas : le chômage continue de baisser (3,9% de la population active), le nombre de millionnaires en dollars ne cesse de croître (14% de la population), la croissance du PNB atteint des niveaux record pour un pays développé.
Cette réussite se reflète pourtant dans le niveau de vie de la population, contrairement à ce que pourraient croire les Français. Concernant le niveau de vie moyen, les Etats-Unis conservent une avance accablante sur les pays européens. En effet, le niveau de vie des Européens reste en moyenne inférieur de 33% à celui des Américains. Si le fossé avait été comblé progressivement pour la période courant de 1950 à 1973, l'Europe gagnant alors près de deux points par an sur les Etats-Unis, l'écart se creuse à nouveau depuis 1973.
La différence est toutefois moins importante que dans les années 50 où la différence de niveau de vie était de 50%
Depuis 1973, seul le Luxembourg a réussi à doubler les Etats-Unis. En effet, si l'on donne une cote de 100 aux Etats-Unis, le Grand-duché atteint aujourd'hui un niveau de 122. En revanche, la Suisse qui menait la danse dans les années 60 accuse actuellement un retard de 21%. Seule la Grande Bretagne a réussi à se stabiliser avec un écart de 30%.
La France se positionne plutôt bien. La France qui accusait un retard de 23% en 1970 a aujourd'hui perdu 3 points seulement. Elle dépasse la moyenne de l'Union Européenne (33%) et celle de l'Europe occidentale (39%). Il est nécessaire de rappeler que les Français vivaient deux fois moins bien que les Américains en 1950. Il est vrai que la France se remettait péniblement de l'occupation allemande.
Il ne faut toutefois pas trop pavoiser. Les Allemands et les pays nordiques ont progressé davantage que les Français dans cette course au niveau de vie.
Il faut garder à l'esprit que ces statistiques ne reflètent que des moyennes. Il est vrai que de nombreux américains vivent dans des conditions difficiles (voir notre article "Du bon usage des statistiques" ) et que la croissance du niveau de vie est inégalement répartie. Mais ne nous faisons pas d'illusion, la France n'est pas mieux lotie. Certaines personnes tirent mieux leur épingle du jeu que d'autres.
Le libéralisme américain des années Reagan à Clinton n'est pas aussi catastrophique que ne veulent le dire les mauvaises langues françaises. S'il fait bon vivre dans un pays dans lequel l'Etat se mêle de tout comme la France, il fait encore meilleur vivre dans un pays dans lequel les individus gère leur vie plus librement.
Note :
Ces calculs ont été effectués sur la base du PNB réel, c'est à dire le produit national brut per capita débarrassé des influences inflationnistes et des taux de change.
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Octobre 2000, LIBRE ECHANGE
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