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Le quinquennat ou comment perdre son temps un dimanche de septembre ?


La classe politique actuelle s'agite et cherche à convaincre les Français de se déplacer le 24 septembre prochain. Cet appel semble ne pas atteindre ceux qui ont décidé de ne pas aller voter si on en croit les sondages. Alors, les hommes politiques cherchent à faire peur aux Français. Debré proclame qu'une forte abstention ne remettra pas en cause la démocratie en France.


Pourtant, peut-on croire une seconde qu'un fort taux d'abstention à un scrutin remettra en cause le système démocratique que les Français chérissent depuis plus d'un siècle ?


Chaque Français est libre d'aller voter ou non à une élection. Si le vote est un "devoir" de citoyen, un électeur peut tout à fait refuser de se déplacer aux urnes. Si une partie des Français se désintéresse de ce que la classe politique actuelle lui propose, cela le signifie pas que les Français sont contre la démocratie.


Pourquoi ne pas aller voter ?


La raison la plus évidente est que le vote blanc n'est pas reconnu en tant que tel par la loi française. Aller voter blanc (ou nul) est donc totalement inutile. Il vaut mieux éviter de se déplacer puisque finalement, ce type de vote n'a d'intérêt que statistique.


Certains répondront que la différence entre voter blanc et s'abstenir est grande. Ne pas voter signifie que l'on se désintéresse de la vie publique alors que de se déplacer pour aller voter blanc a une portée plus grande. Cette objection est sans intérêt. D'abord tous les abstentionnistes ne sont pas des citoyens qui se désintéressent de la vie publique. Ensuite, toute personne a le droit d'exprimer son mécontentement comme il le souhaite, tant qu'il ne le fait pas par des actes de violence (en démontant des Mc Donald's par exemple).


Mais il existe des raisons plus profondes de ne pas voter en faveur du référendum :


La première est de signifier aux hommes politiques que la réforme proposée n'a aucun intérêt. Cette réforme est approuvée par près de 80% des Français et la majorité des hommes politiques. Faire voter les Français est donc inutile. L'adoption de la réforme par le Congrès à Versailles aurait été plus logique et nous aurait fait économiser plus de 200 millions de francs.


Faire appel au peuple directement est une bonne chose. Encore faut-il le faire à bon escient. Ces appels au peuple sont suffisamment peu nombreux pour l'on pose de vraies questions aux Français : une question sur la manière dont les Français envisagent leur relation avec la Corse, une question sur la réforme de l'éducation ou sur la décentralisation, une question sur l'opportunité d 'adopter la monnaie unique dans moins de deux ans.


Poser une question aussi peu conflictuelle aux Français montre sans doute que les élections présidentielle et législative ont commencé. Les deux principaux acteurs (Jospin et Chirac) s'observent et cherchent à marquer des points sans prendre de risques. Les Français n'ont pas à arbitrer aujourd'hui entre deux hommes alors qu'ils devront le faire directement en 2002. Ce référendum est totalement inutile.


Ce référendum doit surtout être une occasion de montrer à la classe politique qu'une partie de la population la rejette et ne s'intéresse plus à ce qu'elle nous propose. De plus en plus de Français a compris que l'Etat n'est pas capable de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés dans la vie quotidienne. Les hommes de l'Etat sont de plus en plus des paralytiques qui vivent au crochet de la société.


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Septembre 2000, LIBRE ECHANGE