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L’art, plus que dans n’importe quel autre pays développé, fait l’objet d’une attention très particulière des pouvoirs publics. Lors de sa campagne présidentielle, le candidat Chirac avait d’ailleurs milité en faveur d’un budget du ministère de la culture représentant 1% du budget de l’Etat. Les travaux pharaoniques de François Mitterrand sont des preuves vivantes de cette intervention avec le grand Louvre, la grande bibliothèque ou l’Opéra Bastille.


L’art semble-t-il ne peut prospérer que par l’intervention de l’Etat. Qui pourrait payer les travaux du grand louvre ? La suppression des subventions serait –elle pourtant réellement catastrophique pour l’art ? L’art doit-il nécessairement se développer sous la coupe de nos dirigeants ?


L’exemple de l’opéra montre que des expériences différentes peuvent aboutir à des résultats similaires moyennant bien sûr des arbitrages différents. La comparaison entre le Metropolitan Opera (MET) de New York et l’opéra de Paris permet d’illustrer notre propos. Pour la saison 1997-1998, le nombre de représentation lyrique était de 210 à New York contre 180 à Paris. Le budget était de 960 millions de francs à New York et de 870 millions de francs à Paris. Les recettes propres de New York étaient de 62.5% contre 35.2% à Paris ; les subventions publiques représentaient 0.4% du budget à New York contre 63.6% à Paris et le mécénat 37.5% contre 1.13% à Paris.


Les subventions publiques permettent à l’art de prospérer. Mais la méthode française n’est pourtant pas une fatalité comme le montre l’exemple New yorkais. En revanche, le choix des subvention implique des arbitrages différents. Alors que Paris congédie ses chefs et ses patrons d’opéra dès que les majorités changent, le MET est dirigé musicalement par James Levine depuis plus de vingt années. Il faut savoir être dans les graces du souverrain.


Faire plaisir au client ou faire plaisir à nos gouvernants est un choix difficile. D’ailleurs, l’art peut- il avoir des clients en France ? L’art est bien trop élevé pour cela. Il ne relève pas de la logique marchande dont tous nos gouvernants, de droite comme de gauche se méfient. Pourtant, la protection des artistes contre les règles marchandes est-elle réellement efficace ? L’art officiel n’a jamais laissé des grandes traces dans l’histoire de l’art.

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Juillet 1999, LIBRE ECHANGE