Peut-on avoir confiance ?
La confiance est la condition première de tout
développement de ces sites. En effet, comment
faire confiance à un vendeur que l’on ne connaît
pas et qui peut habiter à des milliers de kilomètres ?
Les exemples de fraudes se multiplient. Un adolescent de 13 ans a passé de nombreuses enchères
et a tenté d'acheter un tableau de Van Gogh pour 500.000 $ ainsi qu'un cabinet médical. Malheureusement pour lui (et le vendeur), ces enchères lui ont échappées.
En revanche il est devenu virtuellement propriétaire d'une corvette pour 24.500 $ et d'un lit qui aurait appartenu à un premier ministre canadien pour 900.000 $.
Seul problème : cet adolescent ne possédait pas les sommes sur son compte et n'a jamais eu l'intention de les verser. Il aurait tout de même dépensé trois millions de dollars avant que le site ne l'identifie et ne l'empêche d'accéder au site.
De plus, les cas de fraudes se sont multipliés. Ainsi, sur les principaux sites américains,
près de 60% des logiciels seraient piratés. Sur Ebay, après un nouveau né, un rein en état de marche, quelques armes à feu , un lot de 250 kilos de marijuana a été proposé aux enchères pour 10 millions
de dollars. La Federal Trade Commission américaine a enregistré 6 000 plaintes depuis de début de l'année pour des achats réalisés via les sites aux enchères. Si le nombre augmente rapidement,
il faut se rappeler que les sites de vente aux enchères ont explosé. Aux Etats-Unis, Ebay est le premier site
marchand (devant Amazon, Dell) avec un chiffre d'affaire de 1 milliard de dollars.
Existe-t-il des moyens de se prémunir contre les fraudes ? Autant être clair : il n'est pas
possible d'éliminer le risque. En revanche, il est possible de le limiter.
Le premier moyen est de vérifier la fiche de chacun
des vendeurs. Les intervenants à des ventes aux
enchères sont tous notés, acheteurs comme
vendeurs. Onatoo par exemple a eu une initiative originale
en mettant en place un permis à point. Ainsi,
au moment de la validation de l'adhésion ; un
permis à points virtuel doté d'un capital
de 3 points est remis. Des points positifs pourront
venir s'additionner si, au terme d'une enchère,
un des intervenants est suffisamment satisfait du comportement
de l'autre pour lui attribuer ce ou ces points positifs.
Mais à l'inverse, un ou deux points négatifs
pourront être retranchés du capital si un
des intervenants a des raisons justifiées d'être
mécontent du comportement de l'autre. Si le capital
points d'un adhérent devient nul ou négatif,
son permis lui est retiré et l'accès à
0natoo lui est automatiquement supprimé.
Choisir un vendeur avec une bonne notation permet de
diminuer les risques de litiges. Néanmoins, il
faut garder à l’esprit qu’un vendeur peut créer
différents pseudonymes sur les sites. La notation
ne fait donc pas disparaître le risque. Les escrocs
existent dans tous les domaines.
Le deuxième moyen est de commander sur des sites français et d’acheter auprès de vendeurs français. En cas de litige, il est plus facile de se retourner contre le vendeur. Toutefois, cette méthode enlève une partie de l’intérêt des sites d’enchères qui mettent en relation des individus dans des pays différents ce qui permet d’obtenir des prix intéressants.
Enfin, les sites de vente mettent en place des moyens afin d'assurer une
plus grande sécurité. Le site O!deal en France propose d'ouvrir un compte à la banque
directe ou bien d'envoyer un RIB ou un chèque de 1 franc. L'objectif de ces mesures
est d'assurer l'identité des vendeurs. De plus, il existe des solutions
qui se mettent en place aux Etats-Unis mais que les sites français ne
proposent pas encore. Il est possible d’avoir recours
à une société jouant le rôle de
tiers de confiance (escrow, en anglais) entre l'acheteur
et le vendeur. Dans le cas d'eBay, c'est i-Escrow qui
s'en charge. Au lieu de payer directement le vendeur,
le client règle son achat à cette société
qui s'assure de la validité du paiement. Ensuite,
elle prévient le vendeur et lui demande d'envoyer
la marchandise à l'acheteur qui peut l'accepter
ou la refuser, si elle ne correspond pas au descriptif.
En cas d'acceptation, la société d'escrow paie alors le vendeur.
Ce système lourd présente l'inconvénient
de coûter cher au vendeur : en moyenne 5 % de
la valeur de l'article, avec un minimum de 5 $. Pour
des biens de faible valeur, le système ne présente
guère d'intérêt.
Des solutions plus légères sont envisagées,
notamment une simple assurance garantissant au vendeur
d'être payé et à l'acheteur d'être remboursé en cas de problème. Encore en phase
d'expérimentation, cette assurance est gratuite mais soumise à trois conditions : le vendeur et l'acheteur doivent être bien notés, le prix de l'article doit être compris entre 25 et 200 dollars, et cet article ne doit contrevenir ni à la loi ni au règlement d'eBay.
Comme on le voit, les risques ne sont pas inexistants. Toutefois, le problème touche essentiellement les achats de grande valeur. Pour les petites valeurs
(jeux vidéo, CD, timbres de faible valeur), il est possible de se reposer sur les fiches de notation qui permettent de réduire les risque à des niveaux acceptables.
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