Déclaration de Bill Clinton, Président des Etats-Unis
Convention démocrate de 1996
Monsieur le président de la Convention, monsieur le vice-président, chers amis
démocrates, chers compatriotes, je vous remercie de m'avoir choisi. Je ne sais pas si
je saurai trouver des mots originaux, mais j'accepte volontiers.
(APPLAUDISSEMENTS)
Merci. Tant, tant de personnes ont contribué à ce que nous avons tait jusqu'à présent
pour les citoyens américains, mais je tiens à citer une personne en particulier: mon
partenaire, mon ami et le meilleur vice-président de toute notre histoire : Al Gore. Ce
soir, je remercie la ville de Chicago, son maire admirable et ses citoyens merveilleux
pour cette convention magnifique.
J'aime Chicago pour de nombreuses raisons: pour sa grande énergie, pour ses
équipes sportives, pour sa politique dynamique, mais surtout pour l'amour et la
lumière de ma vie, une fille de Chicago: Hillary. Je vous aime.
Vous et moi avons entrepris un voyage pour faire connaître nos idées à notre pays,
pour que le rêve américain reste vivant pour tous ceux qui ont la volonté d'y
contribuer, pour consolider la communauté américaine, pour que l'Amérique demeure
la plus grande force mondiale en faveur de la paix, de la liberté et de la prospérité.
Il y a quatre ans, alors que le chômage était très élevé, que les salaires stagnaient,
que la criminalité, les dépenses sociales et les déficits augmentaient, qu'un grand
nombre de défis restait à relever et que le cynisme s'accentuait, je vous ai parlé du
lieu où je suis né, Hope [espoir en américain] et je vous ai dit que je croyais toujours
en un lieu appelé Espoir.
Eh bien, voilà maintenant quatre ans que nous mettons en œuvre une stratégie
simple mais profonde pour que cette vision devienne réalité: les mêmes chances pour
tous, une responsabilité partagée, une communauté américaine forte et soudée.
Il y a quatre jours... alors que vous vous rendiez ici, je commençais un voyage en
train qui m'a conduit à Chicago en passant par le cœur de l'Amérique. Je voulais voir
les visages, je voulais entendre les voix des gens pour lesquels j'ai travaillé et pour
lesquels je me suis battu pendant ces quatre dernières années. Et je les ai vus.
J'ai rencontré en chemin une femme d'affaires ingénieuse qui dépendait auparavant
de l'aide sociale en Virginie occidentale, un policier courageux paralysé suite à une
blessure par balle et qui œuvre aujourd'hui pour la collectivité dans le Kentucky, un
ouvrier du secteur automobile, dans l'Ohio, autrefois au chômage et à présent fier de
travailler dans la plus ancienne usine automobile de notre pays pour que l'Amérique
redevienne le numéro un de la production dans ce domaine, pour la première fois
depuis vingt ans. J'ai rencontré une grand-mère qui se battait pour que son petit-fils
ait de meilleures conditions de vie dans le Michigan. Et je me suis retrouvé avec deux
merveilleux petits enfants à lire fièrement leur livre favori, "The Little Engine That
Could";.
A chaque arrêt du train, j'ai été accueilli par une foule immense et enthousiaste et,
peut-être plus important encore, lorsque nous traversions des petites villes, il y avait
toujours des écoliers qui agitaient des drapeaux américains et qui croyaient tous en
l'Amérique et en son avenir.
Je n'aurais manqué ce voyage pour rien au monde, car il m'a permis de constater que
l'espoir est revenu en Amérique. Nous sommes sur la bonne voie pour entrer dans le
XXIe siècle. Les faits sont là. Il suffit de constater les faits: 4,4 millions d'Américains
possèdent une maison pour la première fois de leur vie, et des centaines de milliers
de femmes ont créé des entreprises.
Il n'y a jamais eu autant de minorités qui possèdent des entreprises. Les créations de
petites entreprises et les exportations atteignent des niveaux records. Voyez le
chemin parcouru. Les taux cumulés du chômage, de l'inflation et des hypothèques
immobilières sont les plus bas depuis 28 ans. Regardez ce qui a déjà été accompli.
Dix millions d'emplois nouveaux, dont plus de la moitié sont très bien rémunérés. Dix
millions de travailleurs ont obtenu l'augmentation de salaire qu'ils méritaient (retour) grâce à la
législation sur le salaire minimum.
Vingt-cinq millions de personnes bénéficient aujourd'hui d'une protection dans le
cadre de leur assurance maladie car, grâce au projet de loi Kennedy-Kassebaum,
aucun Américain ne peut plus perdre ses droits à assurance lorsqu'il change
d'emploi, et d'autant moins si un membre de sa famille est malade.
Quarante millions d'Américains disposent de pensions de retraite mieux garanties.
Des réductions d'impôts s'appliquent pour 15 millions d'Américains, ceux qui
travaillent le plus durement, (retour) qui sont le plus sollicités, ainsi qu'à toutes les petites
entreprises. Douze millions d'Américains, douze millions, bénéficient de la loi sur les
congés pour raison familiale ou médicale (Family and Medical Leave Law), qui leur
permet d'être de bons parents et de bons travailleurs. Dix millions d'étudiants
économisent sur les prêts qui leur sont accordés. Nous faisons fonctionner notre
démocratie.
Nous avons également adopté le plan de réformes politiques, les projets de loi
one-item veto et motor voter, une législation plus sévère en ce qui concerne
l'agrément des lobbies, soumis les membres du Congrès aux mêmes règles qu'ils
imposent au secteur privé et mis fin aux missions d'un Etat ou de collectivités locales
si elles ne peuvent pas être financées.
Nous avons déjà parcouru un long chemin. Il nous restera une chose à faire.
M'aiderez-vous à réformer le financement des campagnes électorales ? Nous avons
accru nos investissements dans la recherche et la technologie. Nous avons
considérablement augmenté nos investissements dans la recherche sur le cancer du
sein. Nous sommes en train d'élaborer un super-ordinateur, un super-ordinateur qui
réalisera en une seconde plus de calculs qu'une personne ne pourrait le faire avec
une calculette en 30000 ans.
L'accélération de la mise au point et de la commercialisation de médicaments contre
le virus VIH et le sida a pratiquement permis de doubler l'espérance de vie en
seulement quatre ans, et nous ne voyons aucune limite à ces progrès. Nous
continuerons d'avancer jusqu'à ce que les personnes touchées puissent de nouveau
avoir une vie normale.
Notre pays reste la plus grande force œuvrant pour la paix et la liberté sur cette
planète. Sur les questions qui auparavant nous divisaient, nous avons fait évoluer
l'ancienne politique de Washington. Pendant trop longtemps, les dirigeants de ce
pays ont demandé: "à qui la faute ?"
Nous, nous avons demandé: "que faire'?"
Pour lutter contre la criminalité, nous sommes en train de mettre 100 000 policiers
dans la rue. Nous avons étendu à tout le pays la three-strikes-and-you're out (loi d'origine
californienne qui condamne les doubles récidivistes à 20 ans de prison). Grâce à la
loi Brady, nous avons empêché 60 000 criminels, fugitifs et malfaiteurs de détenir des
pistolets/revolvers. Nous avons interdit les fusils d'assaut(retour). Nous avons soutenu des
programmes plus stricts de sanctions et de prévention, destinés à tenir nos enfants
éloignés du monde de la drogue, des gangs et de la violence. Depuis quatre ans,
depuis quatre ans maintenant, le taux de criminalité est en baisse aux Etats-Unis.
Dans le domaine social, nous avons œuvré avec les différents Etats de notre Union
pour lancer une révolution tranquille. Aujourd'hui, notre pays compte 1,8 million de
moins de personnes dépendantes de l'aide sociale que le jour où j'ai prêté serment.
Nous faisons passer les gens du statut d'assisté au statut de travailleur. Nous avons
fait progresser de 40 % les recettes destinées à l'enfance. L'équipe fédérale n'a
jamais été aussi réduite depuis la présidence de John Kennedy. Et le déficit diminue
depuis quatre ans d'affilée, pour la première fois depuis la période précédant la
Guerre de sécession - ce déficit s'est réduit de 60 % et tend vers zéro. Nous y
parviendrons.
Nous sommes sur la bonne voie pour aborder le XXIe siècle. Nous sommes sur la
bonne voie, mais notre travail n'est pas terminé. Que nous reste-il à faire ? Voyons
tout d'abord comment procéder. Là encore, j'affirme que la question n'est plus “ à qui
la faute ? ”, mais "que faire?"
Je pense que Bob Dole, Jack Kemp et Ross Perot aiment notre pays. Et qu'ils ont
travaillé dur pour le servir. Il est légitime, et même nécessaire, de comparer le bilan
de notre action au leur, nos propositions pour l'avenir aux leurs. Et je m'attends à ce
qu'ils fassent largement de même.
Mais je n'attaquerai pas. Je ne les attaquerai pas personnellement et je ne permettrai
pas non plus à d'autres membres de ce parti de le faire Si je peux les en empêcher.
Mes chers compatriotes, cette campagne...
(APPLAUDISSEMENTS)
Cette campagne doit être une campagne d'idées, pas une campagne d'insultes. Le
peuple américain le mérite.
J'en viens à l'idée principale. J'aime et je vénère l'histoire riche et honorable de
l'Amérique. Et je suis déterminé à assurer la pérennité de nos meilleures traditions.
Mais ce n'est pas un pont vers le passé qu'il nous faut construire, c'est un pont vers
l'avenir. Et c'est ce à quoi je m'engage devant vous. Décidons donc, ce soir, de jeter
ce pont vers le XXIe siècle, afin de relever les défis et de protéger nos valeurs.
Bâtissons un pont pour aider les parents à élever leurs enfants, pour aider jeunes et
adultes à accéder à l'instruction et à la formation dont il a besoin, pour rendre nos
rues plus sûres, pour aider les Américains à réussir leur vie familiale et leur vie
professionnelle, pour briser le cercle de la pauvreté et de la dépendance, pour
protéger notre environnement pour les générations à venir et pour conserver notre
leadership mondial en faveur de la paix et de la liberté.
Décidons de bâtir ce pont !
Ce soir, mes chers amis, je demande à tous nos concitoyens et concitoyennes de me
rejoindre et de vous rejoindre pour bâtir ce pont vers le XXIe siècle.
Quatre ans maintenant - à compter de maintenant - seulement quatre ans à compter
de maintenant, pensez-y. Nous entamerons un siècle nouveau qui offre d'immenses
possibilités.
Nous devons donner au peuple américain les outils dont ils ont besoin pour tirer parti
du potentiel que Dieu leur a donné. Nous devons permettre à tous les Américains,
pas seulement à un petit nombre d'entre eux, d'accéder aux opportunités et aux
responsabilités fondamentales. C'est la promesse du parti démocrate, c'est la
promesse de l'Amérique.
Je veux être l'architecte d'un pont vers le XXIe siècle dans lequel nous pourrons
élargir les opportunités via le système éducatif. Où l'ordinateur fera autant partie des
salles de classe que le tableau. Où des enseignants très qualifiés exigeront de très
bons résultats de la part de leurs élèves. Où tout enfant de 8 ans pourra montrer un
livre en disant : "je suis capable de le lire".
A l'horizon 2000, ce que nous pourrons faire de mieux, c'est donner à chaque
Américain qui le souhaite la possibilité d'accéder à des études supérieures. Nous
devons relever le niveau d'instruction pour que, dans quatre ans, il soit aussi courant
de fréquenter un établissement d'enseignement supérieur qu'aujourd'hui un
établissement d'enseignement secondaire. Nous pouvons y parvenir. Nous le
pouvons et nous devons réduire les impôts à cet effet.
Je propose un crédit d'impôt de 1 500 dollars par an pour les frais de scolarité des
Américains,(retour) une bourse d'études pour les élèves les plus prometteurs (Hope
Scholarship) et pour les deux premières années dans l'enseignement supérieur, afin
que tout Américain puisse suivre le cursus étudiant classique. J'estime que toute
famille active devrait également pouvoir déduire chaque année jusqu'à 10000 dollars
de frais de scolarité dans l'enseignement supérieur, pour permettre la poursuite des
études.
J'estime que, dans ce pays, les familles devraient pouvoir économiser de l'argent
pour l'enseignement supérieur dans le cadre d'un dispositif spécifique d'épargne
jeunes (IRA), bon an mal an et puiser dans cette réserve pour financer des études
supérieures sans être pénalisées
Les Américains à revenu moyen ne devraient pas payer d'impôts sur ce qu'ils
dépensent dans l'enseignement supérieur. C'est un investissement qui sera
largement rentabilisé à l'avenir.
Je tiens à dire ici, avant de poursuivre, que le financement complet de ces réductions
d'impôts et de toute autre mesure que je mentionne ce soir est prévu dans mon projet
de budget équilibré, ligne par ligne, centime par centime et ces réductions concernent
principalement l'éducation.
Une chose que tant de nos compatriotes sont en train de comprendre, c'est que
l'éducation ne s'arrête plus le jour de la remise du diplôme. J'ai présenté un nouveau
projet de loi (GI Bill) pour les travailleurs américains : il
s'agit d'octroyer une aide de
2600 dollars aux Américains au chômage ou sous-employés afin qu'ils puissent
acquérir la formation (retour) et les compétences dont ils ont besoin pour revenir sur le
marché du travail et trouver un emploi mieux rémunéré, un bon emploi très qualifié,
pour un bon avenir.
Mais nous devons exiger l'excellence à tous les niveaux de l'éducation. Nous devons
faire en sorte que nos étudiants acquièrent les connaissances de base que nous
avons nous-mêmes acquises et les connaissances nouvelles qui leur seront
indispensables pour le siècle prochain.
Fixons ce soir un objectif national clair: tous les enfants devront savoir lire à 8 ans.
Lorsqu'on voit que 40 % des enfants de 8 ans dans ce pays ne lisent pas aussi bien
qu'ils le devraient, il faut faire quelque chose. Je veux envoyer 30 000 spécialistes de
la lecture et membres du National Service Corps pour mobiliser une armée de
volontaires forte d'un million de personnes assurant le soutien de ces enfants, dans
toute l'Amérique. Ces personnes apprendront à lire à nos jeunes enfants.
Laissez-moi dire une chose aux parents: nous devons ouvrir la voie. Chaque soirée
que vous passez à lire un livre à votre enfant vous sera rendue au centuple. Il nous
arrive, Hillary et moi, d'évoquer encore les livres que nous avons lus à notre fille
Chelsea à des moments où nous étions si fatigués que nous pouvions à peine restés
éveillés. Nous nous souvenons encore de ces livres. Et, ce qui est plus important,
c'est qu'elle s'en souvient elle aussi.
Nous allons aider les parents, dans ce pays, à faire en sorte que chaque enfant
sache lire à l'âge de 8 ans. Pensez-vous que nous le pourrons ?
(APPLAUDISSEMENTS)
Nous aiderez-vous?
(APPLAUDISSEMENTS)
Nous devons donner aux parents, à tous les parents, le droit de choisir
l'établissement scolaire que leurs enfants fréquenteront et laisser les enseignants
créer de nouvelles écoles agréées et qui ne conservent cet agrément que Si les
résultats sont bons. Nous devons laisser nos écoles ouvertes tard le soir pour que les
jeunes aient un lieu où aller, quelque chose à faire pour ne pas rester à traîner dans
la rue.
Il faut récompenser les enseignants qui font du bon travail,
nous séparer de ceux qui
ne sont pas à la hauteur. (retour) Cependant, dans tous les cas, n'oublions jamais qu'aucun
de nous ne serait ici ce soir Si ce n'était pas pour nos enseignants. Je peux vous
l'affirmer pour mon cas personnel. Ces enseignants doivent être soutenus, et non
critiqués vivement.
Nous avons besoin d'écoles qui accompagneront nos enfants jusque dans le siècle
prochain. Nous avons besoin d'écoles reconstruites et modernisées et d'un
engagement sans précédent de la part du gouvernement national en faveur d'une
augmentation du nombre des écoles. Chaque bibliothèque, chaque salle de classe en
Amérique doit être reliée aux autoroutes de l'information d'ici l'an 2000.
Mes chers amis, Si nous faisons cela, chaque enfant de huit ans saura lire, chaque
enfant de 12 ans sera capable de se connecter à l’Internet, chaque jeune de 18 ans
pourra faire des études supérieures et tous les Américains disposeront du savoir dont
ils ont besoin pour franchir ce pont vers le XXIe siècle.
Je veux jeter un pont vers le XXIe siècle, pour créer une économie forte et prospère,
pour préserver l'héritage des chances que nous devons léguer à la prochaine
génération, en équilibrant notre budget de manière à sauvegarder nos valeurs et à
faire en sorte que chaque famille soit en mesure de détenir et protéger son actif le
plus cher: sa maison.
Ce soir, proclamons au peuple américain que nous allons équilibrer le budget, et que
ce sera tout en préservant les programmes Medicare [dispositif couvrant les
personnes âgées de plus de 65 ans, pour les frais d'hospitalisation] et Medicaid (retour)
[dispositif destiné aux plus démunis, en cas de maladie] l'éducation, l'environnement,
nos pensions de retraite dans leur totalité, la force de notre peuple.
L'année dernière, lorsque le Congrès républicain m'a transmis un budget qui violait
ces valeurs et ces principes, j'y ai opposé mon veto, et je recommencerais demain s'il
le fallait. Je ne pourrais jamais accepter de coupes budgétaires qui auraient pour effet
de réduire à néant l'éducation de nos enfants, de polluer notre environnement, qui
tireraient un trait sur la garantie des soins de santé pour les personnes couvertes par
Medicaid, et qui mettraient fin ou qui violeraient les devoirs que nous avons envers
nos parents par le biais de Medicare. Je ne pourrais tout simplement pas le faire.
Tant que je serai résident, je ne permettrai jamais que cela arrive.
Et peu importe - peu importe s'ils tentent une nouvelle fois, comme ils l'ont déjà fait,
d'utiliser le chantage, en nous menaçant de faire mettre la clef sous la porte de
l'administration fédérale, pour imposer de force ce type de choses au peuple
américain. Nous ne les avons pas laissés faire. Et nous ne les laisserons pas faire.
Bien sûr, il y a une réponse plus appropriée à ce dilemme. Nous pourrions avoir un
budget convenable et équilibré avec un nouveau Congrès. Un Congrès démocrate!
Je veux équilibrer le budget avec de réelles réductions de dépenses sur le
fonctionnement des administrations publiques et sur l'argent gaspillé(retour). Je veux un
projet qui investisse dans l'éducation, comme le propose le mien, dans la technologie
et, disons-le, dans la rechercha, comme Christopher Reeves nous en a rappelé
l'importance avec une telle force.
Et mon projet donne aux Américains les baisses d'impôts qui aideront la croissance
de notre économie. Je veux développer les plans d'épargne jeunes, pour leur
permettre de disposer d'une épargne non imposée afin d'acheter leur premier
logement. Ce soir, je propose une nouvelle réduction d'impôts sur l'accession à la
propriété, pour dire à toutes les familles actives de la classe moyenne de ce pays: Si
vous vendez votre logement, vous n'aurez jamais à payer d'impôts sur les
plus-values en capital que vous aurez réalisées à cette occasion - et je dis bien
jamais. Je veux que chaque Américain puisse entendre ces paroles merveilleuses:
bienvenue à la maison!
Permettez-moi de me répéter. Chacune des baisses d'impôt que je demande ce soir
répond à un objectif précis et responsable (retour) - et elle est financée dans le cadre de mon
projet de budget équilibré. Mes baisses d'impôts ne nuiront pas à notre économie:
elles accéléreront la croissance économique. Nous devons réduire les impôts de la
famille qui envoie un enfant dans l'enseignement supérieur, de l'ouvrier qui retourne
en formation, de la famille qui économise pour s'acheter un logement ou pour financer
des soins de santé de longue haleine, et nous devons accorder un crédit d’impôt de
500 dollars par enfant aux familles à revenus intermédiaires qui ont besoin d'aide
pour la garde de ces enfants et pour leur avenir, une fois l'école finie. C'est à cela que
doivent servir les baisses d'impôts: à la famille, à l'enseignement, à la croissance
économique.
Nos adversaires, pour leur part, présentent un projet tout à fait différent: c'est un
programme aventuriste qui veut baisser les impôts de 550 milliards de dollars, ce qui
les forcera à demander, pour Medicare, pour Medicaid, pour l'enseignement, et pour
l'environnement, des baisses de prestations encore plus importantes que celles qu'ils
ont votées - et auxquelles j'ai opposé mon veto - l'an dernier.
Mais même ainsi, ils n'arriveraient pas à couvrir les coûts de leur projet. Leur projet
ferait alors exploser le déficit, avec pour effet de relever les taux d'intérêt - de deux
pour cent, selon leurs propres estimations de l'année dernière.
Cela déboucherait sur des coupes claires, précisément dans les investissements dont
nous avons besoin pour la croissance, pour notre croissance solidaire. Et en même
temps, cela donnerait un coup de frein à l'économie. Vous savez ce que signifie un
relèvement des taux d'intérêt. Pour vous, cela veut dire payer plus cher vos crédits
immobiliers, le remboursement des traites pour votre voiture, vos achats par carte de
crédit. Pour notre économie, cela signifie que les milieux d'affaires emprunteront
moins d'argent, investiront moins, créeront moins d'emplois, produiront moins de
richesses, augmenteront moins les salaires.
Avons-nous vraiment envie de refaire cette erreur une fois encore?
LE PUBLIC: Non!
Avons-nous vraiment envie de stopper une nouvelle fois la croissance économique?
LE PUBLIC: Non!
Avons-nous vraiment envie de recommencer à accumuler une nouvelle montagne d'endettement?
LE PUBLIC: Non!
Est-ce que nous voulons en revenir à la récession de 1991 et 1992?
LE PUBLIC: Non!
Est-ce que nous voulons fragiliser notre pont vers le XXIe siècle?
LE PUBLIC: Non!
Bien sûr que non!
Nous avons le devoir - vous et moi - de laisser à nos enfants un héritage fait
d'opportunités, et non un héritage de dettes (retour). Notre budget serait aujourd'hui équilibré
- il devrait même être en excédent - Si nous n'avions pas à payer les intérêts de la
dette qui s'est accumulée dans les douze années qui ont précédé l'arrivée du
gouvernement Clinton-Gore.
(APPLAUDISSEMENTS)
Merci.
LA FOULE: Quatre ans de plus!
Et bien, et bien...
LA FOULE: Quatre ans de plus!
C'est l'une des questions sur lesquelles j'affirme respectueusement être en désaccord
avec mon adversaire. Je ne crois pas qu'il faille jouer l'usine à la roulette, et je suis
très loin de penser qu'il faille jouer le pays au casino. Nous devons rester sur la voie
qui mène au XXIe siècle.
Il ne suffit pas d'avoir des conditions favorables. Je veux édifier une Amérique du
XXIe siècle dans laquelle tous les Américains assument personnellement leurs
responsabilités envers eux-mêmes, envers leurs familles, leur groupe social et leur
pays. Je veux que notre pays prenne la responsabilité de garantir que chaque enfant,
en regardant par la fenêtre, le matin, puisse voir le spectacle de toute une
communauté qui se lève pour aller travailler.
Je veux que ces jeunes connaissent le frisson du premier salaire reçu, le défi de la
première entreprise créée, (retour)et la fierté de marcher sur les brisées de leurs aînés.
La loi sur la réforme de la protection sociale que j'ai signée la semaine dernière
donne à l'Amérique une possibilité - mais pas une garantie - de connaître un tel
nouveau départ.
Un nouveau départ qui verra la conclusion d'un nouveau pacte social avec les
pauvres, avec à la clé la garantie des soins de santé, de la garde et de l'alimentation
des enfants, mais en demandant en même temps aux parents qui en ont les
capacités physiques de travailler pour ces revenus.
Je vous le dis maintenant à tous, que vous ayez soutenu cette loi ou non - mais
surtout à ceux qui l'ont soutenue. C’est pour nous une responsabilité, une obligation
morale de faire en sorte que ceux de qui l'on exige désormais qu'ils travaillent aient
effectivement la possibilité de travailler.
Nous devons faire en sorte que ces emplois existent. Il faut un million d'emplois
nouveaux pour les bénéficiaires de l’assurance sociale à l'horizon 2000. La nouvelle
législation sociale permet aux Etats d'utiliser l'argent qui servait jusqu'ici aux chèques
de sécurité sociale pour aider les entreprises à payer des salaires nouveaux.
J'exhorte tous les Etats de l'Union à le faire rapidement. Je propose également
d'accorder aux entreprises un crédit d'impôt pour l'embauche à long terme de tout
bénéficiaire de l'assurance sociale.
Je propose d'offrir aux agences de placement privées une prime pour chaque
bénéficiaire de l'assurance sociale qu'elles permettent d'embaucher durablement.
Plus important encore, je veux aider les collectivités à mettre dès maintenant les
bénéficiaires de l'assurance sociale au travail, (retour) sans délai, pour réparer les écoles
pour assurer la propreté et la sécurité du voisinage, pour rendre leur éclat à leur
quartier.
Il y a beaucoup à faire dans ce domaine. Nos municipalités peuvent trouver des
moyens de mettre les gens au travail et de ramener la dignité et la solidité dans ces
familles.
Mes chers compatriotes, j'ai consacré un temps énorme - avec notre regretté ami
Ron Brown, avec Mickey Kantor et avec d'autres - à ouvrir de nouveaux marchés à
l'Amérique dans le monde entier. Et je suis fier de chacun de ces nouveaux marchés.
Mais n'oublions jamais que le plus grand marché encore en friche pour l'entreprise
Amérique se trouve ici même, aux Etats-Unis, dans les centres villes, dans les
campagnes, là où la reprise ne s'est pas encore faite sentir.
Avec des investissements, des entreprises et des emplois, ces zones peuvent
devenir nos partenaires de l'avenir. C'est une occasion qu'il importe de ne pas laisser
passer.
Je propose de multiplier les zones de responsabilisation, comme celle que nous
avons ici-même, à Chicago, pour attirer les entreprises dans les quartiers pauvres.
Je propose de créer davantage de banques consacrées au développement des
collectivités locales, comme la Southshore Bank, ici-même, à Chicago, pour aider les
habitants de ces quartiers à créer leur petite entreprise - ce sont davantage
d'emplois, davantage de revenus, de nouveaux marchés pour l'Amérique, ici-même,
pour faire de la réforme de la protection sociale une réalité.
(APPLAUDISSEMENT)
Mes amis, vous applaudissez, et je vous en remercie. Mais c'est là tout ce que peut
faire l'administration.
C'est en effet au secteur privé de fournir la majorité de ces emplois (retour). Alors je tiens à le
répéter, ce soir : j'exhorte toute femme et tout homme d'affaires américain qui s'est
plaint un jour de l'échec du système de protection sociale à essayer de sortir
quelqu'un de l'assistanat en l'embauchant. Et à essayer vraiment!
(APPLAUDISSEMENTS)
Merci. Après tout, le système de protection sociale dont vous vous plaigniez n'est
plus là. Il n'y a plus moyen de dire: "A qui la faute ?' pour ce système. Aujourd'hui, la
seule question, c'est que faire? Et nous avons tous une responsabilité, en particulier
ceux qui ont critiqué la loi qui a été votée, ceux qui ont réclamé un changement, et
ceux qui ont la possibilité de donner aux pauvres une chance de s'en sortir et de faire
vivre leur famille.
Je veux construire un pont vers le XXIe siècle pour faire disparaître cette vieille plaie
du quart-monde, pour permettre l'ascension sociale des pauvres et mettre fin à leur
exclusion, à leur marginalisation, à leur oubli.
(APPLAUDISSEMENTS)
Merci.
LA FOULE: Quatre ans de plus ! Quatre ans de plus ! Quatre ans de plus Quatre ans
de plus
Je veux construire un pont vers un XXIe siècledans lequel nos enfants ne tueront
plus d'autres enfants, dans lequel des vies d'enfants ne seront plus brisées par la
violence qui sévit chez eux ou dans la cour de l'école, dans lequel une génération
entière de jeunes ne sera plus laissée à elle-même pour faire son éducation dans la
rue (retour). En accroissant le nombre de policiers1 la rigueur des peines et la prévention,
nous avons fait baisser le taux de criminalité pendant quatre années consécutives.
Mais nous ne pouvons pas nous arrêter, parce que nous savons que ce taux est
encore trop élevé. Nous ne pourrons pas nous arrêter avant que la criminalité ait été
ramenée au rang d'une exception choquante dans notre vie quotidienne, au lieu
d'être comme aujourd'hui un fait banal. Resterez-vous avec moi jusqu'à ce que nous
atteignions ce jour faste?
LA FOULE: Oui!
Mes chers compatriotes, nous devons tous beaucoup à Sarah et Jim Brady, et je suis
heureux du détour qu'ils ont fait pour venir nous rejoindre à Chicago. J'ai été content
de les voir.
C'est à eux que nous devons la bonne nouvelle de savoir que 60 000 criminels,
malfaiteurs en fuite et délinquants n'ont pas pu se procurer d'armes à feu du fait de la
loi Brady sur le port d'armes. Mais en même temps, pas un seul chasseur de
l'Arkansas, du New Hampshire ou de l'lllinois... ou d'ailleurs... n'a manqué une saison
de chasse.
Mais aujourd'hui, je dis qu'il faut étendre le champ d'application de la loi Brady(retour).
Quiconque a commis un acte de violence domestique contre son conjoint ou contre
un enfant doit se voir interdire d'acheter une arme à feu.
Et nous devons interdire - nous devons interdire les balles "tueuses de flics"
(cop-killer). Ces balles n'ont qu'une seule raison d'être: tuer des policiers. Nous nous
en remettons à la police pour nous protéger. Nous lui devons d'aider à garantir sa
sécurité pendant qu'elle accomplit la mission que nous lui avons confiée.
Nous devons par ailleurs voter un amendement constitutionnel sur les droits des
victimes, car celles-ci méritent d'être écoutées. Elles doivent être informées lorsque
leur agresseur sort de prison. Ce sont des choses qu'il leur faut savoir, et seul un
amendement à la Constitution peut leur garantir ce droit.
Nous avons beaucoup avancé. Même le taux de criminalité chez les jeunes
commence à reculer. C'est pourquoi il est pour moi très, très douloureux de voir que
la consommation de drogues est en augmentation chez ces jeunes(retour). La drogue a failli
tuer mon frère lorsqu'il était jeune. Je la hais. Mais mon frère s’est battu. Il est ici ce
soir, avec sa femme. Son petit garçon aussi est là. Et j'en suis vraiment très fier.
Mais j'ai appris quelque chose en traversant ce long cauchemar avec notre famille. Et
je peux vous dire que quelque chose a changé chez certains de nos jeunes. Ils ont
tout bonnement cessé de penser que ces drogues étaient dangereuses. Ou bien ils
pensent que ce risque est acceptable.
Alors, il nous faut rassembler nos énergies pour enseigner cette dure et triste vérité à
cette génération de jeunes, en commençant par notre famille, et quel que soit le parti
pour lequel nous votons. Les drogues sont un danger mortel. Les drogues sont un
mal. Les drogues peuvent vous coûter la vie. Le général quatre étoiles Barry
McCaffrey a mené notre lutte contre la drogue en Amérique latine. Il dirige aujourd'hui
notre croisade contre la drogue sur notre territoire: pour saisir davantage de drogue à
nos frontières, pour arrêter ceux qui la vendent, et par dessus tout, pour mettre en
œuvre une stratégie anti-drogue à l'échelle nationale dont le premier objectif est de
détourner nos enfants de la toxicomanie.
J'appelle le Congrès à lui donner chaque dollar et chaque cent que nous avons
réclamés pour cette stratégie (retour), et à le faire dès maintenant. Et nous pouvons faire
plus. Nous devons prévenir les prisonniers libérés sous caution que nous les
mettrons à l'épreuve, leur dire: "Si vous retombez dans la toxicomanie, nous vous
renverrons en prison." Nous devons dire aux gangs que nous les briserons au moyen
de la loi anti-racket que nous avons déjà utilisée pour mettre sous les verrous les
parrains de la mafia "il faut cesser de tuer nos gamins, ou de les transformer en
meurtriers avant même qu'ils atteignent l'âge de treize ans."
Mes chers compatriotes, Si nous voulons édifier ce pont vers le XXIe siècle, il nous
faut libérer nos enfants: les libérer de l'étau des armes, des gangs et des drogues, les
rendre libres de construire des vies faites d'espoir.
Je veux construire un pont vers le XXIe siècle, avec une Amérique soudée, et en
commençant par des familles soudées. Une Amérique dans laquelle tous les enfants
soient entourés d'affection et protégés des forces destructrices, et dans laquelle les
parents puissent réussir dans leur vie personnelle et dans leur vie professionnelle.
Où que j'aille, en Amérique, les gens viennent me voir pour me parler de leurs
difficultés avec les impératifs du travail et de leur désir de faire mieux pour leurs
enfants.
La première personne qu'il m'ait été donné de voir mener cette bataille était ici avec
moi, il y a quatre ans. Et ce soir, sa présence me manque énormément. Avec son
entrain jamais démenti, sa capacité de travail et son éternel optimisme, ma mère a
fait du mieux qu'elle a pu pour mon frère et pour moi, et bien souvent alors que tout
paraissait perdu d'avance...
D'elle, j'ai appris tout ce qu'il est possible de surmonter par l'amour et la
détermination. Mais j'ai aussi appris de ma mère et de notre vie ensemble qu'aucun
parent ne peut y parvenir seul. Et aucun parent ne devrait y être contraint.
Ma mère a reçu l'aide que tout parent mérite de la part de nos voisins, de nos amis,
de nos enseignants, de nos pasteurs, de nos médecins, et de bien d'autres encore.
Vous savez, lorsque je me suis lancé dans la vie publique, avec beaucoup de mes
amis, qui sont dans la salle, avec la délégation de l'Arkansas...
(APPLAUDISSEMENT)
il y avait un dicton, que l'on entendait de temps à autres: "quiconque se présente à un
mandat électif affirmera toujours être né dans une cabane de bûcheron qu'il a
construit de ses propres mains."
(RIRES)
Et bien, ma mère n'était pas aussi bête. Et elle a fait en sorte que je comprenne. Déjà
bien avant de rencontrer Hillary, ma mère savait l'importance de la collectivité. Et elle
a été reconnaissante pour le soutien qu'elle a reçu. Gomme Tipper Gore et Hillary
l'ont dit mardi, nous travaillons dur, chacun de nous au gouvernement, pour aider les
familles à élever leurs enfants et à réussir dans la vie professionnelle. Mais nous
devons faire davantage. Nous devons étendre le champ d'application de la loi sur les
congés pour raison familiale ou médicale, afin de permettre aux parents d'amener
leurs enfants aux rendez-vous réguliers qu'ils peuvent avoir chez le médecin, ou de
se rendre aux conseils de classe. C'est un facteur clef de la réussite dans l'éducation.
Nous devons voter une loi sur la flexibilité horaire dans le travail, pour permettre aux
salariés de choisir s'ils préfèrent toucher leurs heures supplémentaires sous forme
d'argent ou de congés (retour), selon ce qui est préférable pour leur famille.
La Food and Drug Administration vient d'adopter de nouvelles mesures pour lutter
contre la publicité et la vente de cigarettes aux enfants (retour), cette question dont le
vice-président a parlé avec tant d'émotion hier soir.
Mais laissez-moi vous rappeler, mes chers compatriotes, qu'il s'agit d'un débat très
chaud dans cette élection présidentielle, parce que cette bataille est loin d'être
terminée et parce que les deux candidats ont des points de vue bien différents. Je
prends devant les parents américains l'engagement de mener ce projet jusqu'à son
terme.
En collaboration avec le secteur des loisirs, nous sommes en train de donner aux
parents la puce anti-violence télévisuelle. La teneur des spectacles télévisés fait
désormais l'objet d'un classement, ce qui va permettre aux parents de savoir s'il est
bon que les jeunes enfants les regardent. Enfin, chaque station hertzienne de
télévision présentera bientôt trois heures par semaine de programmes de qualité
destinés aux enfants.
Aux termes de la loi Kennedy-Kassebaum, chaque Américain est en droit de
conserver son assurance maladie même s'il doit changer d'emploi, et même Si un
membre de sa famille est ou a été malade. C'est très important. Mais ce soir, nous
devrions expliquer les prochaines étapes.
Pour commencer, nous devons étendre les prestations de santé aux chômeurs. Dans
mon projet de budget équilibré, entièrement financé, je propose d'aider les familles
des chômeurs à conserver leur assurance maladie pendant une période pouvant aller
jusqu'à six mois après la perte de l'emploi.
Il peut arriver que les parents soient sans emploi, mais il ne faut jamais qu'un enfant
soit privé des soins d'un médecin. Permettez-moi de répéter ce que la Première dame
a affirmé mardi dernier: il faut empêcher que les mères et les nouveaux nés soient
expulsés de l'hôpital moins de deux jours après l'accouchement.
Nous respectons la conscience individuelle de chaque américain concernant le
douloureux sujet de l'avortement, mais estimons que sur le plan du droit, cette
question doit être laissée à l'appréciation d'une femme, de sa conscience, de son
médecin et de son Dieu.
Mais l'avortement... ne doit pas seulement être sûr et légal, il doit aussi être rare.
C'est pourquoi j'ai contribué à mettre en place et à soutenir une campagne nationale
de réduction du nombre des grossesses d'adolescentes célibataires, et c'est pourquoi
nous devons favoriser l'adoption.
La semaine dernière, j’ai signé un projet de loi sur e salaire minimum qui prévoit
d'accorder 5000 dollars aux familles qui adoptent des enfants, et encore plus Si ces
enfants sont handicapés.
Ce projet de loi met un terme aux discriminations.. raciales dans le processus
d'adoption. C'est une bonne chose pour l'Amérique.
Mes chers compatriotes, il y a déjà des dizaines de milliers d'enfants qui ont besoin
d'un bon foyer et de parents aimants. J'espère qu'ils seront maintenant plus
nombreux à trouver une famille.
Je veux jeter un pont vers le XXIe siècle, avec un environnement propre et sûr. Nous
nous efforçons d'éviter les pesticides dans les produits alimentaires. Nous protégeons
notre eau potable et notre air contre les substances toxiques. Nous avons empêché
les activités minières dans le Yellowstone. Nous avons le plus grand parc naturel au
sud de l'Alaska dans le désert de Mojave, en Californie. Nous œuvrons à la
sauvegarde des précieuses Everglades, en Floride.
Et lorsque l'actuelle majorité au Congrès a invité les pollueurs dans les coulisses pour
revenir sur 25 ans de protection de l'environnement que les deux partis ont toujours
soutenue...
(HUEES)
j'ai dit non. Mais nous devons aller plus loin. Aujourd'hui, 10 millions d'enfants vivent
à moins de 6 kilomètres d'une décharge de déchets toxiques. Nous avons assaini
197 de ces décharges au cours des trois dernières années, soit plus que ce qui avait
été fait pendant les 12 années précédentes.
Dans les quatre années qui viennent, nous proposons d'assainir 500 décharges de
plus, soit les deux tiers des décharges restantes, et des plus dangereuses. Nos
enfants devraient grandir à proximité de parcs, non de substances toxiques. Même
les débuts de pollution devraient être frappés de sanctions pénales. Il faudrait geler
les avoirs des gros pollueurs jusqu'à ce qu'ils remédient au problème qu'ils créent.
Il faut qu'il leur soit plus facile de protéger leurs propres enfants. Voila ce qu'il faut
faire pour jeter un pont vers le XXIe siècle. Mes chers compatriotes, je veux jeter un
pont vers le XXle siècle pour que nous restions le pays du monde doté de la défense
la plus puissante, pour que notre politique étrangère continue d'affirmer les valeurs
collectives de notre pays auprès de la communauté des nations. Notre pont vers
l'avenir doit également être un pont vers les autres pays, car nous restons le pays du
monde le plus indispensable pour faire progresser la prospérité, la paix et la liberté,
pour que nos enfants ne connaissent ni le terrorisme ni les armes de destruction
massive.
Nous avons contribué à restaurer la démocratie en Haïti et la paix en Bosnie.
Maintenant, il faut que la paix signée sur les pelouses de la Maison Blanche entre les
Israéliens et les Palestiniens s'étende à d'autres voisins d’Israël. Le profond désir de
paix qu'Hillary et moi avons ressenti lorsque nous avons parcouru les rues de Belfast
et de Derry est en train de se concrétiser pour tous les habitants d'Irlande du Nord, et
il faut que Cuba finisse par rejoindre la communauté des démocraties. Dans cette
deuxième moitié du vingtième siècle, rien n'a été plus réconfortant que de voir
l'ancienne Union soviétique et l'Europe centrale se dégager du joug du communisme.
Nous les y avons aidées, et nous en sommes fiers. Et nous maintiendrons notre
partenariat résolu avec une Russie démocratique. Et nous intégrerons certaines des
nouvelles démocraties d'Europe centrale au sein de l'OTAN, pour qu'elles n'aient
jamais à remettre leur liberté en question à l'avenir. Les exportations américaines ont
atteint un niveau record. Au cours des quatre dernières années, nous avons fait
tomber de nouvelles barrières et nous nous tournons aujourd'hui vers l'Amérique
latine, l'Afrique et les pays d'Asie, pour garantir que nos salariés et nos produits, les
meilleurs du monde, bénéficient d'un système commercial libre et juste. Au cours des
quatre dernières années, nous avons gelé le programme d'armement nucléaire de la
Corée du Nord. Et je suis fier de dire que ce soir, plus aucun missile nucléaire russe
n'est pointé sur un enfant américain. Maintenant, nous devons immédiatement voter
et ratifier les mesures visant à réduire davantage l'arsenal nucléaire, à interdire les
gaz toxiques et les essais nucléaires, une fois pour toutes.
Nous avons faits de nouveaux investissements dans l'atout maître de notre défense:
ces hommes et ces femmes en uniforme, Si admirables. D'ici l'an 2000, nous aurons
augmenté de 40 % les fonds destinés à la modernisation de notre armement. Grâce à
ces engagements, notre armée restera la mieux entraînée et la mieux équipée du
monde entier. Nous sommes en train de développer un système national raisonnable
de défense par missiles, mais nous ne devons pas, en tout cas pas maintenant, pas
d'ici l'an 2000, gaspiller quelque 60 milliards de dollars dans un programme de guerre
des étoiles inefficace, qui n'a pas fait ses preuves, et qui risquerait de se révéler
obsolète demain.
Nous combattons le terrorisme sur tous les fronts, avec une stratégie en trois volets.
Premièrement, nous nous efforçons de convaincre le reste du monde qu'il ne faut
absolument pas tolérer le terrorisme. Ce mois-ci, j' ai signé une loi imposant de
sévères sanctions aux entreprises étrangères qui investissent dans des secteurs clés
des économies iranienne et libyenne. Tant que l'Iran entraînera, soutiendra et
protégera des terroristes, tant que la Libye refusera de livrer les personnes qui ont
fait exploser le Boeing de la Pan Am, les Etats-Unis leur en feront payer le prix.
Deuxièmement, nous devons donner à ceux qui veillent au respect de la loi les
instruments dont ils ont besoin pour lutter contre le terrorisme. Il faut voter de
nouvelles lois pour sévir contre le blanchiment de l'argent et pour poursuivre et punir
ceux qui ont commis des actes de violence à l'encontre des citoyens américains à
l'étranger. Nous devons également ajouter des marqueurs chimiques à la poudre
utilisée dans les bombes afin de pouvoir retrouver la trace des terroristes.
Nous devons étendre les pouvoirs de la police et lui permettre, comme dans le cas de
la lutte contre la criminalité organisée, de sauver des vies en mettant sur écoute les
lignes téléphoniques (retour) utilisées par les terroristes. Les terroristes sont pour notre avenir
une menace aussi, et peut-être plus, importante que le crime organisé. Pourquoi faire
deux poids et deux mesures pour une menace commune qui pèse sur la sécurité de
l'Amérique et de nos enfants ? En bref, nous avons besoin des lois que le Congrès a
refusé de voter. Et je lui demande une fois encore, en tant que citoyen américain,
sans esprit partisan, s'il vous plaît, votez ces lois maintenant.
Troisièmement, nous allons améliorer la sécurité des aéroports et du transport aérien.
J'ai demandé au vice-président de mettre en place une commission et de m'informer
sur la façon de procéder. Mais nous avons maintenant décidé de doter nos principaux
aéroports de l'équipement de détection des bombes le plus moderne. Nous
fouillerons chaque avion en partance ou en provenance de l'étranger, chaque vol,
chaque soute, chaque cabine, à chaque fois.
Chers amis Démocrates et chers compatriotes, je sais que lors de chaque campagne
électorale, la politique étrangère n'est pas un sujet débattu avec grand intérêt dans
les cafés, dans les usines et au bowling.
Mais il y a des moments, des moments où seule l'Amérique peut faire la différence
entre la guerre et la paix, entre la liberté et la répression, entre la vie et la mort. Nous
ne pouvons pas sauver tous les enfants du monde, mais nous pouvons en sauver
beaucoup. Nous ne pouvons pas devenir le gendarme du monde, mais lorsque nos
valeurs et nos intérêts sont en jeu, et lorsque nous pouvons faire la différence, nous
devons agir et prendre l'initiative. C'est notre mission et nous sommes meilleurs, plus
forts et plus en sécurité parce que nous la remplissons.
Mes chers compatriotes, permettez-moi de dire une dernière fois que nous ne
pouvons construire notre pont vers le XXIe siècle que Si nous le construisons
ensemble, et Si nous sommes prêts à le franchir ensemble, main dans la main.
J'ai passé une Si grande partie de ce mandat de quatre ans que vous m'avez confié à
m'inquiéter, en tant que président, pour les problèmes de la Bosnie, du Proche
Orient, de l'Irlande du Nord, du Rwanda, du Burundi. Qu'ont en commun tous ces
pays?
Les gens s'y entre-tuent et massacrent les enfants parce qu'ils sont différents les uns
des autres. Ils partagent la même terre, mais ils sont différents. Ils détestent leur
race, leur tribu, leur groupe ethnique, leur religion. Nous savons quel prix terrible les
gens paient lorsqu'ils persistent à se battre et à tuer leurs voisins pour leurs
différences.
Nous avons vu notre propre pays, l'Amérique, payer un prix terrible pour toute forme
de discrimination. Et nous nous sommes vus devenir plus forts à mesure que nous
nous sommes débarrassés de nos haines et de nos craintes, à mesure que nous
avons donné à un nombre croissant d'Américains la possibilité de vivre leur rêve.
C'est pourquoi la flamme de notre Statue de la Liberté, comme la flamme olympique
transportée dans toute l'Amérique par des milliers de citoyens, qui sont aussi des
héros, sera toujours, toujours plus brillante que les feux qui brûlent nos églises, nos
synagogues, nos mosquées, toujours. Regardons autour de nous ce soir. Et il y a des
Américains qui nous regardent à la télévision Regardons autour de nous ce soir. On
peut trouver toutes les différences imaginables entre les personnes réunies ici.
Si nous voulons jeter un pont vers le XXIe siècle, il faut être prêt à le crier haut et fort:
Si vous croyez dans les valeurs de la Constitution, du Bill 0f Rights, de la Déclaration
d'indépendance, Si vous voulez travailler dur et respecter les règles, vous faites
partie de notre famille. Et nous sommes fiers d'être avec vous. Vous applaudissez
parce que vous savez que c'est vrai. Vous savez que c'est vrai. Pensez-y en sortant
d'ici. Vivez dans cette idée.
Il y a encore trop d'Américains qui cèdent à leur peur de ceux qui sont différents. Il n'y
a pas si longtemps, des croix gammées ont été peintes sur les portes de membres
afro-américains de nos Forces spéciales au Fort Bragg.
Chers amis, pour ce qui ne savent pas ce qu'elles font, les forces spéciales sont
précisément ce que leur nom indique. Ce sont des forces spéciales. Si je descends
de cette estrade, Si je les appelle et leur demande d'aller à l'autre bout du monde et
de risquer leur vie pour vous, et d'être de retour demain à midi, ils le feront.
Ils ne méritent pas d'avoir des croix gammées sur leur porte.
LA FOULE: Quatre ans de plus! Quatre ans de plus! Quatre ans de plus! Quatre ans
de plus!
CLINTON: Regardez autour de vous ce soir.
Regardez. Jeune ou vieux, en pleine santé ou affecté d'un handicap contre lequel
vous luttez, homme ou femme, Amérindien, né en Amérique ou immigré,
hétérosexuel ou homosexuel, qui que vous soyez...
Ce qui tait de vous un Américain, c'est de dire, je crois en la Constitution, au Bill 0f
Rights et en la Déclaration d'indépendance. Je crois en la liberté de culte. Je crois en
la liberté d'expression. Je crois qu'il faut travailler dur et respecter les règles. Je
retrousse mes manches dès demain matin. Je commence à construire ce pont vers le
XXIe siècle. C'est ça qui fait de vous un Américain.
Mes chers compatriotes...
Mes chers compatriotes, dans 68 jours, le peuple Américain devra prendre une
décision primordiale. Nous allons choisir le dernier président du XXe siècle et le
premier président du XXIe siècle.
Mais le vrai choix n'est pas celui-là. Ce qu'il faut choisir, c'est Si nous voulons jeter un
pont vers l'avenir ou un pont vers le passé. Si nous pensons que nos meilleurs jours
sont devant nous ou derrière nous. Si nous voulons un pays dans lequel la population
travaille ensemble, ou un pays du chacun pour soi.
Engageons-nous ce soir à nous lever et à ériger ce pont que nous devons construire,
nous le savons, jusqu'au XXIe siècle.
Ayons foi...
Ayons foi, foi en l'Amérique, en l'idée que nous ne sommes pas en train de laisser
notre grandeur derrière nous. Nous allons l'emmener avec nous dans ce nouveau
siècle. Un siècle de défis inédits et de perspectives illimitées.
En bref faisons le travail qui se présente à nous, afin que, lorsque notre mission sera
achevée, nous puissions regarder le soleil se coucher, comme il se doit, et nous dire
sincèrement que nous avons préparé nos enfants à la nouvelle aube.
Mes chers compatriotes, après ces quatre années, gratifiantes mais difficiles, je crois
toujours dans ce pays de l'espoir, appelé Amérique.
Merci.
Dieu vous bénisse.
Bonsoir.
Le 29 août 1996
Libre Echange 1998-1999