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Le loi Pelchat, autrement appelée la loi des quotas impose aux radios un temps d’antenne de 40%
pour la musique française. L’idée de cette loi était la suivante : puisque les Français ne veulent pas
écouter de la musique française, il faut le leur imposer car le législateur sait mieux que “son
peuple” ce qui est bon pour lui. Si le principe est scandaleux, ces quotas laissent encore 60% de
liberté ce qui n’est pas négligeable. Toutefois, toute intervention de l’Etat appelle des dérives et
l’on ne sait jamais jusqu’où les bureaucrates peuvent aller. Cette loi sur les quotas constitue un bel
exemple comme nous allons le voir.
Un sondage de la Sofrès en mars 1999 réalisé pour la Sacem montre que les Français plébiscitent la
musique française (à 72%). Les Français interrogés sur leur styles musicaux préférés placent la
chanson française en tête (41%), suivie de la musique classique (19%), le jazz (14%), les musiques
traditionnelles (4%), les musiques de film (2%), le blues (3%) le rap, reggae, hip-hop (3%) ... Au
vue du résultat de ce sondage, le président du directoire de la SACEM, monsieur Tournier interrogé
dans l’Express (n°2487 du 4 au 10 mars 1999) déclare : “l’appareil de contrôle n’est pas suffisant.
Car pour atteindre les 40%, les radios se servent très largement du rap. Or l’étude le montre, ce type
de musique est rejeté majoritairement par le public”.
D’abord, monsieur Tournier fait une libre interprétation de la loi. La loi parle de pourcentages, pas
de styles musicaux. Les problèmes de lecture semble bien toucher une partie de plus en plus
importante de la population. De plus, si le rap est cité par 3% des Français seulement, c’est bien
normal. La musique préférée des personnes âgées n’est pas le rap. Mais on ne leur demande pas
d’écouter Fun radio ou Skyrock. En raffinant l’étude, on se rend compte que 36% des 18-24 ans
aiment le rap. Monsieur Tournier, président de la SACEM répond que 36%, cela ne constitue pas
une écrasante majorité.
Nous nous demandons donc quelle est la bonne solution. L’interdiction du rap ou l’interdiction de
toutes les radios et la création d’une grande radio nationale qui tiendra compte des goûts des
Français dans leur intégralité. Rappelons que la grande avancée des années 80 est la création des
radios libres. Monsieur Tournier veut nous faire retourner dans les années 70. Si les chaînes privées
passent du rap, c’est qu’ils ont un public et des annonceurs publicitaires qui y croient.
La législation appelle la législation. Espérons que les propos de Monsieur Tournier ne seront pas
entendus. Il serait en effet assez étonnant d’entendre les députés débattre de leurs goûts musicaux
et de ceux qu’ils voudraient imposer à leur peuple servile.
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Lire également : le best of de la législation 1999
Libre Echange, Mars 1999 |
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