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Privatisons nos retraites

 

Le Think Tank américain, le CATO Institute a lancé une campagne en vue de convaincre les Américains et les pouvoirs publics américains de privatiser le régime de retraite que les Américains dénomment d’un titre trompeur pour les Français la " Social Security ".


Des chiffres accablants


A cette fin, les arguments invoqués sont d’une simplicité désarmante. Les chiffres parlent d’eux même et remplacent de longs discours. En 1950, 16 travailleurs payaient les retraites d’un seul de leurs aînés. En 1998, trois travailleurs payaient la retraite d’un retraité. En 2025, soit dans quelques années seulement, la retraite d’un retraité sera payée par deux travailleurs seulement. L’augmentation progressive de l’espérance de vie et la chute de la natalité accentue le phénomène tous les ans et le mouvement semble irréversible. La réalité démographique est effrayante et la réaction de nos hommes politiques est effarante et irresponsable. Les rapports commandés par nos gouvernement se succèdent et toute tentative de réforme se heurte à une muraille d’opposition.

Or plus nos gouvernements attendront, plus la réforme sera coûteuse et difficile à mettre en place. Mais, au final, qui va payer l’addition  ? Qu’on ne se fasse d’illusion : si une génération laisse des chèques sans provision, la génération d’après devra payer. Dans le contrat social unissant les Français, il ne figure aucune clause remettant à la charge d’une seule génération les choix politiques effectués par une autre génération. Or dans ce cas, une génération risque de payer pour toutes les autres ce qui est inadmissible car elle n’aura pas été à même de choisir librement.

 

L'alternative libérale

La seule réelle alternative est libérale. En effet, le système sur lequel notre régime de retraite repose est le système de retraite par répartition. Ce système avait toute sa logique à la fin de la deuxième guerre mondiale. Les épargnants ruinés et expropriés par l’inflation n’avaient plus d’économies leur permettant de financer leurs vieux jours. Aujourd’hui, ce système n’a plus aucune justification. A moins que l’Etat providence n'ai été confisqué par une génération, celle de la guerre. Celle-ci bénéficie à plein du Welfare State qui les a accompagné tout au long de leur vie. Le Welfare State a basculé de l’aide à la famille dans les années 70 (allocations familiales par exemple) à l’aide aux retraités et au régime de santé qui profitent aux plus âgés. Cette situation n’est pas tenable pour les raisons démographiques déjà évoquées.

Le CATO Institute montre que le passage à un régime par capitalisation présenterait de nombreux avantages. Si le système est mis en place rapidement, il permettrait de ne léser personne. Dans le système actuel, l’argent collecté par l’Etat est immédiatement reversé aux retraités après perception d’une commission (le coût de fonctionnement de l'Etat). L’argent collecté ne dégage aucune rentabilité. Dans le système préconisé, les retraites seraient constituées par les épargnants eux mêmes qui confieraient leurs fonds à des fonds d’investissement. Or la rentabilité des actions est proche de 6 à 7% (Les Echos, Art de la Finance n°12 page IV) et rapporte depuis 1800 plus que les obligations, les bons du Trésor, le dollar ou l’or. Les sommes constituées en vue de l’épargne s’élevaient en 1993 à 70.000 milliards de francs. On imagine ce que cette somme placée à 6 ou 7% par an permettrait de rapporter. Les intérêts dégagés permettraient à eux seuls de financer la retraite des retraités actuels.



Le nécessaire renouvelement du personnel politique

Le passage au nouveau système permettrait de rétablir une équité entre les générations. Chaque année perdue rendra la réforme plus difficile et surtout coûtera plus cher. Le réalisme de tous les acteurs permettrait de faire des avancées notables. L’Etat n’a pas un rôle neutre. Le pouvoir a été confisqué par une génération qui impose les mesures qui la concerne en premier lieu. On comprend dès lors le désintérêt certains de tous nos gouvernements envers les politiques familiales. On comprend de même qu'il est nécessaire de renouveler le personnel politique.



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Mai 1999, Libre échange