
La pauvreté endémique de certaines couches de la population dans nos sociétés amène à se poser
la question de la validité des politiques d'aides massives. L'Etat-providence qui nous coûte si
cher rend-il réellement service en distribuant ses aides sans compter ? L'échec de l'intégration de
certaines communautés est-il lié à un problème d'intelligence ou au contraire n'est-ce pas ces
aides énormes en faveur de certaines communautés qui contribuent à freiner leur développement
?
Nous faisons le choix délibéré d'étudier les Etats-Unis en raison du manque d'informations en
France sur l'intelligence comparée des différentes communautés. Selon l'idéal républicain, les
citoyens sont tous égaux. Il n'est dès lors pas possible de faire des comparaisons statistiques en
utilisant des critères comme la couleur de la peau. De plus, les tests de Q.I. ne sont guère
développés. Les Américains ne se laissent pas aveugler par des principes rétrogrades ce qui
facilite l'étude et explique notre choix. Nous étudierons tout particulièrement le cas des noirs
américains en raison de l'échec persistant de leur intégration.
Une histoire des discriminations aux USA
La communauté noire souffre de discrimination depuis son arrivée forcée sur le sol américain.
Pourtant, cette communauté n'est pas la seule à en souffrir. En 1909, Israël Zangwill a remporté
un énorme succès avec une pièce de théâtre intitulée "The Melting Pot" (Le creuset) qui raconte
l'histoire d'un jeune juif russe qui s'installe aux Etats-Unis et du choc culturel auquel il doit faire
face. Afin de devenir américain, il abandonne petit à petit ses habitudes, ses croyances. Zangwill
parle en conclusion de cette " grande alchimie " qui permet des mélanger des gens de différentes
nationalités (celtes, latins, slaves, grecs, syrien). Etrangement, il ne fait aucune allusion aux
noirs, aux asiatiques ou aux indiens. Ainsi, les asiatiques ont souffert de discriminations fortes :
lois d'immigration restrictives des années 20, enfermement des Japonais dans des camps pendant
la deuxième guerre mondiale et des pillages des magasins des Coréens lors des émeutes de Los
Angeles au début des années 90. Il n'est point besoin de rappeler le traitement scandaleux des
indiens d'Amérique.
Une discrimination plus intense pour les noirs
Si les noirs ne sont pas les seuls à avoir souffert de discrimination, celle-ci a revêtu une intensité
sans doute non égalée. Les noirs ont été importés de force comme esclave sur le territoire
américain. Si Abraham Lincoln a émancipé constitutionnellement cette minorité qui devait dès
lors bénéficier des mêmes droits que les blancs, l'égalité entre les deux communautés était loin
d'être atteinte. Cette inégalité de fait a été consacrée juridiquement par un arrêt de la Cour
Suprême des Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. A cette occasion, il a été établi le fameux principe " Separate but
equal " (séparés mais égaux). La voie de la ségrégation officielle était tracée. Les deux
communautés ont suivi pendant cinquante années des chemins parallèles sans que leur chemin ne
se croise jamais.
Les années 50 ont marqué l'origine d'un nouveau départ pour les noirs. Un autre arrêt de la Cour
Suprême, " Brown contre Board of Education " (1954) a engagé les Etats-Unis sur la voie de la
déségrégation. Cette nouvelle impulsion plus généreuse a été reprise par John Kennedy. Son
successeur, Lyndon Johnson a repris le flambeau et a accordé les "droits civiques" aux noirs en
1965. On peut noter que cette politique d'intégration a joué des tours aux démocrates qui ont
ensuite été écartés de la présidence (le sud plus raciste et traditionnellement démocrate a voté
massivement pour Reagan). La fin de la discrimination des noirs en droit date donc des années
60.
Trente ans après : l'échec de l'intégration économique
Cette égalité ne s'est pourtant pas accompagnée d'une amélioration significative de leur
condition. En 1994, le pourcentage de blancs a avoir été pauvre pendant deux mois consécutifs
était de 18.3% contre 40.2% pour les noirs. En 1993-1994, 3.8% des blancs mais 14.1% des noirs
avaient été pauvres pendant 24 mois. Ces statistiques placent les noirs au niveau des hispaniques
qui sont pourtant issus d'une immigration récente (US Census Bureau, the official statistics, July
8, 1998). Toutes les communautés ont connu des difficultés d'intégration. Les Irlandais en 1850
subissaient des discriminations équivalentes aux noirs. En effet, les Irlandais avaient pour défaut
selon, les Américains de souche d'être catholiques, alcooliques, peu éduqués, etc... Les meilleurs
boxeurs étaient souvent Irlandais (voir l'ouvrage de Thomas Sowell, l'Amérique des ethnies) et
ils occupaient les emplois les moins nobles. Depuis, ils ont donné un président (Kennedy) et
rattrapé les autres communautés. Les Asiatiques malgré la discrimination dont ils ont fait l'objet
ont un niveau de vie dans la moyenne américaine. Ils ont intégré les meilleures universités
américaines, notamment dans les matières scientifiques. Leur réussite est telle que certains
parlent de limiter leur nombre afin de laisser de la place aux blancs.
Les noirs moins intelligents ?
Pourquoi les noirs continuent-il à avoir des difficultés à s'intégrer ? Certains croient avoir trouvé
dans la réponse dans le quotient intellectuel. Selon cette théorie du darwinisme social, ceux qui
réussissent ont été sélectionnés sur des critères d'intelligence et sont donc les meilleurs. Si les
noirs échouent, c'est parce qu'ils sont moins intelligents que les autres communautés.
La thèse récente de Charles Murray et Herrnstein est venue envenimer le débat. Dans " The
Bell Curve ", ("la courbe en cloche") nos auteurs montrent que les noirs ont un QI inférieur à
celui des autres communautés. Ce livre de 845 pages s'appuie sur de nombreux graphiques et
courbes. Le QI des blancs serait de 100 et celui des noirs de 85. Celle révélation n'est pourtant
pas une nouvelle en soi. Les Américains tiennent des statistiques officielles depuis des décennies
et les statistiques font apparaître cette différence depuis des années. Toutefois, il est des vérités
qui ne semblent pas bonnes à dire dans une Amérique politiquement correcte.
La thèse des deux auteurs est poussée jusqu'au bout. Les aides de l'Etat sont inutiles car les noirs
ne sont pas suffisamment intelligents pour pouvoir les utiliser. Il faut donc couper les vannes et
arrêter de gaspiller les deniers de ceux qui travaillent d'arrache-pied pour des gens qui
n'arriveront jamais à s'intégrer dans la société capitaliste américaine. Il faut démanteler la
politique d'"affirmative action". Il faut également arrêter les aides aux mères avec des enfants
(Aid to families with dependant children). Cette allocation tend à encourager les naissances
d'enfants moins intelligents. Les solutions de Murray et Hernstein rappellent les politiques
eugénistes consistant à sélectionner les enfants à naître. En quelque sorte, The Bell Curve
pourrait amener des politiques qui rappelleraient le " meilleur des mondes " d'Huxley.
Pourtant, hérite-t-on de l'intelligence ?
La réaction première des défenseurs des noirs est de casser le thermomètre. Si les noirs ne
réussissent pas aux tests, c'est parce qu'ils ne sont pas faits pour eux. En effet, ces tests sont
préparés par des blancs selon leur culture. Pourtant les Asiatiques réussissent mieux que les
blancs à ces tests. Cette raison ne semble donc pas particulièrement adaptée.
Si les tests de QI constituent un indicateur fiable (ces tests établissent une échelle permettant de comparer)
, croire que l'on hérite de l'intelligence est sans doute une erreur. Les auteurs du Bell Curve
semblent croire que l'intelligence se transmet génétiquement . Pourtant, cette thèse fait fi des
tests de QI passés aux Etats-Unis depuis cent années. Des tests sur l'ensemble des soldats
américains pendant la deuxième guerre mondiale ont montré que leur réussite aux tests était
supérieure aux soldats testés pendant la première guerre (12 points d'augmentation de Q.I.). Les
juifs par exemple ont fait des progrès énormes (Ethnicity and IQ. par Thomas Sowell, Vol. 28,
American Spectator, 02-01-1995, pp 32). Les russes, majoritairement juifs en 1914 avaient des
résultats très faibles aux tests. Vingt années après, les juifs aux Etats-Unis avaient des scores
supérieurs à la moyenne nationale américaine. Les noirs n'échappent pas à la règle.
Les aides publiques, un frein au développement des noirs !
Les aides massives servent-elles réellement les noirs ? Visiblement non si l'on en croit cet
intellectuel américain Nathan Glazer. Pourtant ce dernier (National Review, Dec 5, 1994 v46 n23 p50(3)) estime
qu'il ne voit pas pourquoi " un pays qui a lutté si longtemps et qui continue à le faire, afin de
faire des noirs des acteurs entiers et égaux peut adopter une attitude méritocratique sur ces
matières". Il reconnaît que sans les aides, les noirs constitueraient 1 à 2 % des effectifs dans les
meilleures écoles. Selon l'auteur, il faudrait continuer sur la voie tracée depuis des années
justement en raison des efforts faits dans le passé. Toutefois, ces trente années d'échec ne
justifient-elles pas à elles seules un abandon de ces politiques ?
Thomas Sowell, auteur noir au Hoover Institute de Stanford appelle à la suppression des aides en
faveur des noirs et tout notamment la politique d'affirmative action. Ces aides freinent les
progrès des noirs. Les noirs qui réussissent seront toujours critiqué. Ainsi, un étudiant noir sera
considéré comme inférieur à ses condisciples car sans les quotas à l'entrée des universités, il
n'aurait pas eu sa place dans les amphis des universités. Si les Irlandais avaient bénéficié de ce
type d'aides ils seraient peut être resté en bas de l'échelle.
Arrêter de culpabiliser
Supprimer les aides semble donc être la solution. L'échec des politiques d'intégration des noirs
ne doit pas faire culpabiliser les blancs. Si les noirs ne réussissent pas, c'est aussi parce qu'ils
n'ont pas été capables de saisir les opportunités. Les Japonais voyant le Commandant Perry dans
la baie de Tokyo ont inauguré l'ère Meiji afin de rattraper le retard qui les séparaient de
l'occident. Dans tous les cas, ils ont su être humbles et adopter les idées occidentales qui
marchaient (sans d'ailleurs jamais remettre en question leur propre identité).
Les noirs devraient sans doute faire preuve d'une certaine remise en cause. Non le racisme n'est
pas à l'origine de tous leurs maux. Bien sûr, le racisme les a desservi et les préjugés sur la
couleur de la peau continuent à retarder leur intégration. Mais les noirs sont dans le pays le plus
prospère du monde avec l'économie la plus dynamique. N'oublions pas que si les noirs sont
pauvres aux Etats-Unis, ils sont de loin les noirs les plus riches du monde (les noirs d'Haïti qui
n'ont pas subi de discrimination depuis 200 cent ans ont un niveau de vie bien inférieur). Si on
leur laisse une chance réelle de se développer, ils n'ont pas de raisons de faire moins bien que les
autres communautés. Supprimer les aides diverses et variées semble donc la priorité.
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