Les échanges internationaux font l'objet de toutes les attentions depuis quelques années. Leur développement formidable fait rêver certains. D'autres voient en eux une base de taxation incomparable. Taxer une fraction de montants énormes rapporterait des sommes faramineuses. D'ailleurs, selon les partisans des taxes internationales, cet impôt serait indolore car faible par rapport au total. L'horizon des taxateurs tend à s'allonger.
Le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) jette une nouvelle pierre dans l'océan des échanges. Son rapport sur le développement humain évoque pour la première fois les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Il dénonce le fossé technologique qui se creuse entre les pays connectés à l'Internet et ceux qui en sont dépourvus et regrette qu'Internet soit devenu le nouveau vecteur de la mondialisation économique sans que ses bénéfices ne soient partagés équitablement. Pourtant, selon le PNUD, Internet peut aussi être un facteur d'aide au développement. En effet, il réduit les coûts d'accès à l'information, par exemple pour les hôpitaux et les universités.
Le PNUD envisage de taxer l'envoi d'e-mails pour apporter une aide financière aux pays en voie de développement pour l'accès Internet et éventuellement pour subvenir à certains besoins urgents comme l'accès à l'eau potable, à l'éducation...
Dans un entretien accordé au quotidien
Libération, Sakiko Fukuda-Parr, auteur principal du rapport du PNUD, estime que la taxe pourrait s'élever à 0,01 dollar (environ 6.5 centimes français) ce qui générerait plus de 140 milliards de dollars en un an.
L'intérêt du rapport est de mettre en évidence les retards des pays en voie de développement dans les nouvelles technologies. Mais, ce retard était sans doute prévisible : un pays qui ne peut pas
accéder à l'eau potable ne va pas acheter des ordinateurs. De plus l'Internet n'est pas un facteur de développement en lui même. Encore faut-il que les structures sur lesquelles s'appuient tout développement économique existent.
Les vieilles méthodes - aide massive des Etats - qui ont montré leurs limites dans les différents pays en voie de développement ont toujours le vent en poupe. Seule différence : leurs défenseurs cherchent ailleurs que dans les Etats-nation les moyens de leur politique.