Libre Echange décerne la palme de la législation la plus dangereuse à la Suède. Une loi entrée en vigueur le 1er janvier 1999 interdit "l'achat de services sexuels". Cette loi ne bannit pas la prostitution en tant que tel mais elle cherche à criminaliser les clients qui sont désormais passibles de peines d'emprisonnement pouvant atteindre six mois. Cette loi s'inscrit dans une réforme plus globale visant à rétablir "la paix des femmes". Ainsi, des mesures concernent le viol ou visent à condamner plus fermement l'excision. Le plan de lutte contre le prostitution constitue le dernier volet de cette réforme.
Quelques idées sur cette loi :
Elle participe, selon ses défenseurs à la création d'une "société meilleure". La Suède s'illustre par d'autres lois tout aussi dangereuses : interdiction de donner des gifles à des enfants, "tolérance zéro" pour les accidents de circulation, les incendies et les morts d'enfant. Un des défenseurs de la loi interrogé sur l'efficacité prévisible de cette loi affirme que "le problème, c'est que la majorité des prostitués travaillent dans la clandestinité, et non dans la rue. Et là, le contrôle sera plus dur à effectuer" ('Le Monde du Mercredi 30 décembre 1998). En raisonnant a contrario, on peut imaginer que des contrôles seront effectués dans les domiciles, même si cela est difficile. Attention suédois, Big brother vous surveille.
Afin de faire appliquer cette loi, des caméras seront installées dans les rues. De plus, les plaques minéralogiques des habitués sont déjà fichées par la police ainsi que les adresses des lieux suspects. Les États totalitaires devraient prendre exemple.
Hayek en 1944, s'inquiétait des mesures de guerre appliquées en Angleterre qui pouvaient mener à la "route vers la servitude". En 1999, une des démocraties européennes reprend le chemin de cette servitude afin de créer une "société meilleure". Ce discours n'est pas sans rappeler les propos en URSS durant la guerre froide. A quand les goulags suédois pour réformer les déviants ?
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Février 1999, LIBRE ECHANGE