Attention ce journal n'est pas politiquement correct !

For our English speaking readers

Home Page

Articles
Liste des articles
Articles des polémistes
Articles des réalistes
Articles des utopistes
Editorial
Dossiers
Des droits libertariens
Big browser
Le test politique
Créer une association
Dépêches
Enchères
Rubriques
Ici c'est permis
Citations
Nos liens
Humour
Les textes fondateurs
Bibliothèque
Soutiens
Vos réactions
Livre d'or


 

Vers la culture monde



Les élections américaines n'intéressent guère les Français. Seules des chaînes du câble comme LCI passent du temps à relater les événements de la campagne. Ce désintérêt reflète la mentalité des Français à l'égard de la nation qui influence pourtant notre vie de tous les jours.


Les exemples de cette domination sont nombreux. La plupart des films, des séries ou des jeux sont importés directement des Etats-unis. Le gouvernement de Jospin refuse de vendre aux enchères les accès à la boucle locale dans le secteur des télécoms car il craint que les Américains ne raflent la mise. Le style de management des entrepreneurs français s'inspire directement de celui des dirigeants anglo-saxons rompant avec la vieille tradition française des P.D.G. tout puissants. Les entreprises de l'Internet s'inspirent de l'exemple américain. Ainsi, le président d'Aucland, un des premiers sites de vente aux enchères sur Internet français, cite en référence le succès d'Ebay, un des sites phares de la nouvelle économie américaine.


En matière constitutionnelle, il ne se passe pas un jour sans que l'on ne rappelle l'exemple américain. La création de Canal assemblée rappelle étrangement la chaîne C-SPAN qui retransmet aux Etats-Unis, 24 h sur 24 h les débats du Congrès. De son côté, le parlement, lors du débat sur la transparence budgétaire, les parlementaires rappellent que les députés américains disposent de forts moyens d'un office d'évaluation budgétaire qui lui permet de ne pas rester dans l'ombre du gouvernement. Enfin, de nombreux hommes politiques envisagent d'introduire le quinquennat et de créer un régime présidentiel « à l'américaine ». Bien sur, si l'on dit cela, on vous répondra, que ces mesures ont inspiré d'autres pays européens, que les Etats-Unis ne sont pas un modèle, et pourtant.


Les instances de régulation des secteurs comme la bourse, les télécoms, la concurrence ou l'audiovisuel se multiplient sur le modèle américain : la COB trouve son pendant dans la SEC, l'ART dans la FCC, etc. L'Etat français cède à la tentation américaine de laisser des institutions indépendantes réguler l'économie.


Le modèle américain sert de référence, d'étalon aux autres pays en raison de sa position de leader. La France en son temps a dominé l'Europe. Prenons l'exemple cinématographique. De 1906 à 1913, la France détenait 90 % du marché dans le monde et a inspiré l'ensemble des réalisateurs. D'ailleurs, l'ensemble de l'Europe n'est pas devenu française suite à l'invasion napoléonienne. Pourtant, subsistent de nombreux vestiges - monuments (réplique du château de Versailles par Frédéric II), vocabulaire (emprunt dans la langue anglaise, on dit bien "nouveau riche" en anglais), institutions politique comme le Code civil (Louisiane, Canada, Belgique).


Une domination pacifique

La domination américaine est de nature très différente des dominations passées : elle repose sur le consentement des « pays dominés ». Les Américains n'ont pas envoyé les chars pour faire tomber de Gaulle. Les dirigeants des entreprises hollywoodiennes ne braquent pas de pistolet sur la tempe des spectateurs.


De plus, la domination touche toutes les couches sociales de la population. Au XIXème siècle, le phénomène de mondialisation touchait une certaine élite intellectuelle, économique ou diplomatique. Par exemple, si le français était la langue des diplomates, en revanche il n'était pas enseigné dans les couches inférieures de la population des différents pays européens.


Aujourd'hui, un jeune français écoute de la musique rap, joue au basket-ball, voie des films américains, porte des Nike, visite les grandes villes américaines et apprend l'anglais. De leur côté les élites économiques s'internationalisent. Ainsi, le nombre d'étudiants d'HEC trouvant un premier travail à l'étranger s'accroît tous les ans et les cadres dirigeants des entreprises sont mutés très fréquemment.


Du fait de cette influence plus large de la culture américaine sur les populations « envahies », cette influence pourrait être plus durable. Toutefois, il ne faut pas être pessimiste. La France reste la France avec ses qualités et ses défauts. Ce n'est pas parce que certaines entreprises françaises tiennent leur conseil d'administration qu'un pays entier va abdiquer son passé.


La France doit échapper à la tentation de figer sa culture et d'avoir peur d'autrui. Le repli ne peut être qu'un aveu de faiblesse.


Des réactions, des critiques : nous écrire



Lire également : J'achète, je vends (petit guide des sites de ventes aux enchères en ligne)


Lire également : La guerre des étoiles revisitée



Mars 2000, LIBRE ECHANGE