Votre adresse IP identifie votre ordinateur à chaque connexion et change à chaque nouvelle connexion. Elle constitue une information personnelle qui pourra notamment être utilisée par des sites commerciaux. Néanmoins, cette information est complétée par de multiples autres comme le démontre le site de la C.N.I.L (la CNIL). Ainsi il est possible de connaître votre système d'exploitation, la version de votre navigateur, la langue que vous utilisez couramment ...
Il est donc nécessaire de connaître les risques de l'Internet afin de se prémunir contre les intrusions dans la vie privée des internautes par des entreprises peu scrupuleuses, des pirates du réseau (hackers) mais aussi et surtout par des gouvernants qui utilisent le réseau afin d'obtenir des informations sur leurs citoyens. L'Internet est certes un formidable outil de communication. Malheureusement, tout message envoyé, toute consultation de pages Web, tout abonnement à un forum de discussion, toute participation à des jeux concours etc... laisse des traces.
Vos informations sont leurs profits
Ces informations disséminées et oubliées sur le Web ne portent pas nécessairement de préjudices à leur auteur. Toutefois, ces informations peuvent être exploitées par des sites commerciaux afin d'adresser des offres commerciales. Rien de plus normal ! Connaître ses clients est la base de toute réussite. Le principal est de savoir que ces entreprises collectent des informations. Ainsi, vous recevez sans doute des courriers non sollicités dans votre boite aux lettre électronique. Vous êtes intervenus dans un groupe de discussion : sachez que des logiciels permettent de ramasser toutes les adresses des personnes qui ont participé à ce forum. Vous vous inscrivez à un jeu concours gratuit : le plus souvent, de multiples informations personnelles vous seront démandées. Rares sont les services gratuits qui ne cherchent pas à obtenir des informations sur leurs utilisiteurs. Si le service rendu est gratuit, l'exploitant du site ne le fait pas toujours pour la gloire. Un nom, une adresse, des centres d'intérêt, un âge sont autant d'informations utiles pour des publicitaires. L'organisme américain Truste qui certifie la politique de confidentialité des sites propose un test afin de tester votre attention aux informations que vous divulguez (truste).
Plus grave est le danger lié à l'extention des bases de données sur le Web : banques de données provenant des serveurs de la Sécurité Sociale, des services des impôts, des banques, des hôpitaux, des douanes, de la justice ou les fichiers des comptes bancaires, téléphones, adresses, rapports, notices de la COB ou greffes des tribunaux de commerce ... Ces informations sont normalement confidentielles. Toutefois, le Web permet à un cyber-détective ou toute personne mal intentionnée de tirer profit de l'interconnexion des fichiers. En effet, il est toujours possible de pénétrer dans une base de donnée de manière illégale. Le sytème informatique du Pentagone fait l'objet de nombreuses intrusions. Il est dès lors possible d'imaginer ce qu'un pirate peut faire sur le réseau.
Les sites ont des oreilles
Plus simplement, ces traces peuvent aussi être utilisées par des personnes indiscrètes. Un e-mail circule sur le réseau un peu comme une carte postale. Faites un test du chemin emprunté par l'information lorsque vous demandez un site (le Shareware visual route ou tout simplement dans une fenêtre DOS, tapez par exemple "tracert ifrance.com"). Une information peut faire le tour du monde. Il n'est pas nécessaire de s'inquiéter outre mesure. Toutefois, le respect de la vie privée peut inciter les utilisateurs à mettre les lettres sous enveloppe. D'où les méthodes de cryptographies qui font d'ailleurs toujours l'objet de restriction en France malgré la relative libéralisation récente. Il est toutefois possible de créer une adresse gratuite qui permet d'échanger des messages cryptés à 1 024 bits(Hushmail). Toutefois, ce servive est pour l'instant interdit en France. Dans tous les cas, il est possible de crypter ses messages en respectant la législation française en utilisant le logiciel PGP (Pretty Good Privacy).
L'administration a l'oeil sur votre clavier
L'atteinte la plus grave provient sans doute de nos gouvernants qui peuvent parfois avoir des oreilles bien indiscrètes. Deux initiatives (américaine et européenne) illustrent cette volonté des Etats de surveiller le Web. Selon la lettre d'information Le monde du renseignement, les Etats-Unis sont en train de préparer un vaste projet de surveillance du réseau. L'organe chargé des questions de sécurité, le NSC (National Security council), prévoit de détourner un programme de détection des intrusions des agences fédérales à des fins d'interception globale. La fameuse NSA (National security agency) serait associée au projet avec son programme "echelon". Rappelons que la NSA est à l'écoute des signaux émis sur la planète afin d'en tirer les données pertinentes. Ainsi, si vous utlisez le mot "bombe" dans un message, celui-ci pourrait être selectionné et lu. Ce système d'écoute n'a pas de frontières.
En Europe, en mai 1999, le parlement européen a adopté une résolution destinée à contraindre les opérateurs internet et les fournisseurs d'accès à pratiquer des écoutes sur le réseau. Ce projet disssimule en fait le projet Enfopol98 qui vise à mettre en place un système d'écoute transfrontalier afin d'intercepter les messages internet, fax, communication des mobiles, ... Ce sytème permettrait de passer outre aux obligations d'obtenir des juridictions de chaque Etat l'autorisation d'effectuer des écoutes.
Sans verser dans la paranoïa (l'Europe et les USA ne sont pas la Chine), il est vrai que le Web offre des possibilités énormes qu'il ne faut négliger. Si l'Internet est un espace de liberté unique, il contient en son sein des dangers. L'information circule vers les internautes mais elle peut rebondir et être utilisée à leur insu.
* Bien sûr, Libre échange ne garde pas trace de votre adresse IP (elle change à chaque connexion). Elle est simplement affichée à destination des lecteurs exclusivement et ce à titre d'information. D'ailleurs, si vous désirez vous abonner à la mailing list de Libre échange, il ne vous sera demandé qu'une adresse e-mail (qui peut être créée sur des sites gratuits avec une fausse identité). Nous n'introduisons pas non plus de cookies afin de traquer vos habitudes.